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Prologue ~ L'héritier Dragon 04/11/2016

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Ce fut en 1960 que des archéologues découvrirent, dans des ruines Maya, une tablette en bronze gravée. Sur celle-ci, on pouvait lire un texte ancien qui ressemblait à une légende.
 
« Dans le monde des humains, l'un d'entre eux se hissera au sommet. Il sera au-dessus des lois. Son pouvoir n'aura d'égal que sa personnalité. Dans son sang coulera la puissance des seigneurs des cieux. Deux voies s'ouvriront à lui : le paradis ou l'enfer. Personne ne pourra le vaincre mais... »
 
Et cela s'arrêtait. Le reste de la tablette avait disparu. Les archéologues restaient sur leur faim. Ils eurent beau chercher, ils ne trouvèrent aucune trace de la seconde partie.
 
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Septembre 2016 : Jour de la rentrée
 
Ce jour-là était fatidique pour toutes les personnes encore scolarisées. Les longues vacances d'été venaient de s'achever et chacun devait entamer une nouvelle année. En France, dans un lycée aux abords de Paris, deux garçons entraient en terminale scientifique. Ils devaient donc passer leur baccalauréat à la fin de cette année scolaire.
Le premier, Ivan Kerlen, était un garçon de dix-huit ans. Il était plutôt grand et musclé. Il pratiquait l'athlétisme. Il possédait des cheveux courts et noir de jais comme la nuit. Ses yeux, au contraire, étaient pâles et tiraient sur le blanc. Il aimait être adulé des filles et se faire remarquer. Cela venait de son côté charmeur. Au fond, il avait un grand c½ur.
Contrairement à Ivan, Axel Kurome était un garçon frêle et mince. Lui-aussi âgé de dix-huit ans, il n'était pas du genre à faire du sport. Il préférait se plonger dans les livres et passer des heures à la bibliothèque. Ses cheveux étaient blancs comme la neige et ses yeux sombres comme la nuit. D'un tempérament discret, il restait dans l'ombre d'Ivan. Il lui laissait la gloire et les filles. Ces deux-là étaient meilleurs amis depuis le début du collège.
Cependant, en ce jour de rentrée, chacun compris que le terme « amitié » n'était qu'une belle illusion qui servait à leurrer le monde.

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L'Héritier Dragon - Protagonistes 09/05/2017

 
 
 
L'Héritier Dragon - Protagonistes
L'Héritier Dragon - Protagonistes

 


 
 
Nom : Kurome
Prénom : Axel 
Age : 18 ans
Physique : Axel est un adolescent de petite taille, frêle et peu musclé. Il ne pratique aucun sport et ne développe donc pas son corps. Il a des cheveux blancs comme la neige et des yeux d'un noir très profond. Deux choses qui font de lui la cible de nombreuses moquerie et brimades. 
Caractère : Axel est un garçon très discret qui déteste la violence. Il ne se défend pas vraiment quand on l'insulte mais quand il réplique il vise juste avec ses paroles. C'est aussi un rat de bibliothèque qui adore lire, cela fait de lui quelqu'un de très cultivé. Il a aussi une mémoire photographique, il lui suffit de voir une chose pour la retenir. Cela fait de lui un petit génie, ce qui n'arrange pas ses relations avec les autres. Il est aussi très perspicace et pense d'une manière différente des autres. Il a tendance à avoir toujours un train d'avance sur ses camarades. Son esprit semble très complexe, à tel point qu'il perd certaines personnes et en choque d'autres.  De temps en temps il sort une phrase qui a le don de vous refroidir et de vous faire poser des questions. A part cela, il n'a pas un fort caractère. Il peut être têtu quand il le veut. Les critiques des autres lui passent aux dessus, il a apprit à ne plus y faire attention. Y répondre serait ce rabaisser à leur niveau. Ce n'est pas non plus une personne rancunière. Au fond, il est très gentil et ne demande qu'a avoir des amis. Il est très maladroit en relations et ne sait jamais vraiment comment réagir face aux autres. 
 
Série : Terminale Scientifique 
Ami : Ivan Kerlen
Famille : Il vit dans une famille d'accueil depuis plusieurs années déjà.
Histoire : Inconnu, même son meilleur ami ignore ce qu'il est advenu de sa vrai famille. Axel n'en parle jamais. 
 
 
 

 
L'Héritier Dragon - Protagonistes

Nom : Kerlen
Prénom : Ivan 
Age : 18 ans
Physique : Ivan est un garçon totalement opposé à Axel, que ce soit physiquement ou mentalement. Il a des cheveux d'un noirs de jais et des yeux blancs comme la neige, ce qui lui donne un air très mystérieux. Il est beaucoup plus musclé que son ami et pratique régulièrement du sport.
Caractère : Ivan est le genre de personne qui aime bien se faire respecter, il n'aime pas que l'on se moque de lui ou de son ami Axel. Il est du genre rancunier et s'énerve très rapidement quand on touche un sujet sensible. Il lui arrive parfois de délaisser son meilleur ami au profit des autres, mais il revient toujours vers lui car il l'apprécie réellement. Il n'hésite pas à frapper les gens et à défier ceux qui le sous estime. Il n'est pas très bon en cours et demande beaucoup à Axel de l'aider dans ce domaine. Il n'aime pas trop lire et préfère les jeux vidéos ou d'arcades. 
 
Série : Terminale Scientifique 
Ami : Axel Kurome et autres dans sa classe. 
Famille : Il vit avec sa famille normalement. 
Histoire : Inconnue pour l'instant. 
 
 
 
 
 
L'Héritier Dragon - Protagonistes

Nom : Gaillard
Prénom : Franck 
Age : 18 ans
Physique : Franck est un jeune homme aux cheveux roux tirant sur le pourpre, il a des yeux verts souvent espiègle et malicieux. Il n'est pas forcément très musclé mais possède tout de même une certaine forces qui lui sert le plus souvent à martyriser des gens. Souvent Axel. 
Caractère : Franck est l'archétype du garçon qui aime faire du mal aux autres. Il aime s'en prendre à plus faibles que soit et les humilier devant les autres. Néanmoins, on pourra découvrir qu'il possède un bon fond et n'est pas aussi méchant et terrible qu'il veut le faire croire. Sa cible favorite est Axel, il aime s'en prendre directement à lui quand Ivan n'est pas là. Tout simplement car le jeune homme ne se défend pas et qu'il est facile à atteindre. Cependant, il est capricieux et s'énerve vite aussi quand on le provoque.   
 
Série : Terminale Scientifique 
Ami : Ivan Kerlen et autres dans sa classe. 
Famille : Encore inconnu pour le moment.
Histoire : Inconnue également.
 
 
 
L'Héritier Dragon - Protagonistes
Nom : Historia 
Prénom : Maya
Age : 18 ans
Physique :  La jeune fille possède de long cheveux noirs lisse et brillants et aussi des yeux couleurs noisettes. Elle possède des formes généreuses mais pas en excès non plus. Elle attire quelques garçons, dont Ivan, mais reste inaccessible. 
Caractère : Maya peut être une petite peste qui aime se moquer des autres, elle ne manquera pas de s'en prendre à Axel une ou deux fois. Elle est aussi rancunière et apprécie la vengeance, mieux vaut venir vite s'excuser si on a quelque chose à se reprocher. Gamine, elle ne réfléchit pas toujours aux conséquences de ses actes. Mais derrière tout ça, il s'agit d'une personne très douce et attentionné qui aime donner aux autres. Malgré ses airs un peu niais elle comprend très vite et a des raisonnements concrets sur la vie. Elle sera même l'une des premières à comprendre comment fonctionne Axel. 
 
Série : Terminale Littéraire
Ami : Anastasia Corona et Sarah Wolf.
Famille : Inconnue.
Histoire : Inconnue. 


L'Héritier Dragon - Protagonistes
Nom : Wolf
Prénom : Sarah
Age : 17 ans
PhysiqueLa jeune fille a de très long cheveux de couleur châtain, avec les yeux vert, niveau poitrine elle en a une "normale", c'est-à-dire généreuse mais pas trop non plus, elle fait environ 55 kg pour 1m65. Elle est plutôt fine. 
Caractère : Sur certains points elle ressemblent à Maya, elle est gamine et aime bien se moquer des autres. Elle n'est pas très souvent sérieuse et prend beaucoup de choses à la légère, en se disant que de toutes façon ce n'est pas grave. Elle n'aime pas que l'on se moque d'elle et peut s'enflammer très vite si on s'en prend à elle ou à ses amies. Elle aime bien faire des blagues puériles et fouiller dans les affaires qui ne la concerne pas. Elle est très curieuse de nature et aimerais tout savoir sur les petits potins. 

Série : Terminale Littéraire
Ami : Maya Historia et Anastasia Corona
Famille : Sa grande soeur Mizawai. 
Histoire : La jeune fille n'a aujourd'hui plus que sa soeur sur qui compter, sa mère est malheureusement morte à ses 14 ans d'une maladie, et son père a abandonné les deux filles aux 16 ans de Sarah car celui-ci a refait sa vie et que sa nouvelle fiancée n'acceptait pas les deux filles. Du coup elle vit aujourd'hui avec sa soeur, qui heureusement été majeur lorsque leur père les a laissé, Sa soeur se nomme Mizawaï et a 4 ans de plus que Sarah, donc à ce jour elle a 21 ans tandis que Sarah en a 17. 


Image à venir ~ 
Nom : Corona
Prénom : Anastasia
Age : 17 ans 
Physique : Anastasia à de longs chevaux châtains foncés avec une mèche rouge (teinture) elle porte également une frange. Elle a des yeux verts en amande et est de taille plutôt moyenne.
Caractère : Anastasia, malgré son côté un peu originale, est une élève sérieuse et plus posé que Sarah et Maya. Il s'agit de la tête pensant du groupe. Elle n'apprécie pas vraiment le côté gamin et puériles de ses amies. Dans ces cas là, elle préfère se réfugier dans la musique ou le dessin pour penser à autres choses. 

Série : Terminale Littéraire
Ami : Maya Historia et Sarah Wolf 
Famille : Sa mère.
Histoire : Anastasia est une élève de terminale. Elle est très énergique et est considérée comme une originale au sein de sa classe. Elle est très douée en dessins et pratique le violon depuis sont plus jeune age. Au lycée elle n'est pas très appréciée des filles qui la critique sur son coté original et préfère rester avec des garçons du club d'art. Elle est enfant unique et vit seule avec sa mère. Ses résultats sont plutôt moyens car au lieu d'écouter en classe elle préfère laisser libre cour à son imagination et dessiner mais elle espère devenir game designer ou simplement designer. 

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L'Héritier Dragon - Chapitre 1 05/11/2016

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–        Je n'aime pas la rentrée ! Moi, je voulais rester en vacances à la mer ! geignait Ivan en pénétrant dans la grande cours du lycée avec son ami à ses côtés.
 
Axel ne lui prêta aucune attention. Ivan faisait le cirque à chaque rentrée de vacances depuis des années. C'était devenu une sorte de petit rituel. Petit mais bruyant. Il aimait se faire remarquer.
 
–        Tu m'écoutes, Axel ? Tu es censé me soutenir quand je dis ça ! grogna Ivan.
–        C'est toujours la même chose avec toi. C'est lassant, soupira le garçon aux cheveux blancs.
 
Il préférait, de loin, continuer à lire son livre plutôt que d'écouter Ivan se plaindre de tout et n'importe quoi. Cependant, il savait que ce dernier ne le laisserait pas tranquille. Il ferma donc son livre et leva la tête vers le bâtiment imposant qui ressemblait plus à une prison qu'à un lycée. Encore un an et ils pourraient partir.
 
–        Qu'est-ce que tu lis ? demanda Ivan, curieux.
–        Ça ne t'intéressera sûrement pas mais, il s'agit d'un livre sur la culture maya, répondit-il.
 
Il y eut un petit silence signe, qu'en effet, Ivan se moquait bien de cette culture qui avait disparu depuis bien longtemps. Néanmoins, le mot Maya le fit sourire. Il s'agissait du prénom de la jeune fille dont il était amoureux depuis son entrée en seconde. Il n'avait jamais osé l'approcher. Au fond, Ivan était un grand timide.
 
–        Tu comptes te déclarer ou pas cette année ?
–        Ça ne te regarde pas ! se hérissa-t-il.
 
Axel soupira. Il était irrécupérable.
 
–        C'est notre dernière année. Après, tu risques de ne plus jamais la revoir. Alors, c'est à toi de voir. Mais peut-être que tu préfères la laisser à un autre, insinua-t-il avec un léger sourire narquois.
–        Jamais de la vie ! se rebiffa Ivan. Maya sera ma petite-amie. C'est ma résolution !
–        Parle moins fort. Je n'ai plus de tympan.
 
Ivan était sûr de lui. Il se déclarerait à Maya dans l'année et lui prendrait son c½ur. Il avait cependant un problème : elle ne savait même pas qu'il existait. Ils ne s'étaient jamais parlés. Cela ne découragea pourtant pas le jeune homme qui voulait sortir avec la jeune fille.
Les deux amis arrivèrent devant le tableau d'affichage. Ils avaient gardé la même classe que l'année précédente. Ils ne virent donc que le numéro de leur salle.
 
–        Allons-y, entrons en enfer, dit Ivan plein d'entrain en se dirigeant vers la salle indiquée.
 
Axel lui suivit en ouvrant de nouveau son livre. Il entendait les murmures des secondes qui les regardaient avec des yeux globuleux. Pour une fois, c'était Ivan qui passait inaperçu. Au bout de plusieurs années, Axel avait pris l'habitude d'ignorer les remarques sur la couleur de ses cheveux et sur ses yeux anormalement sombres. Il était unique et différent. L'humain rejetait ce qu'il ne comprenait pas, ce qui changeait de l'habitude. Ivan recevait moins de critiques. Ses cheveux noirs se fondaient dans la masse mais, les autres étaient souvent effrayés en découvrant la couleur pâle de ses yeux. C'était la raison pour laquelle personne ne lui cherchait d'ennui. Puis il avait la carrure d'un boxer. Axel était son opposé. Autant physiquement que mentalement. Au collège, c'était lui que tout le monde embêtait. Petit, frêle, cheveux blancs, toujours la tête dans les livres, discret. Il avait toutes les caractéristiques du souffre douleur. Ce fut à cet instant qu'Ivan apparu dans sa vie. Il l'avait défendu et prit sous son aile en échange d'aide pour les devoirs. Depuis ce jour, ils ne s'étaient plus quittés et Axel avait enfin eu une vie tranquille. Ce n'était pas vraiment le cas. Malgré Ivan, les autres continuaient toujours de chuchoter dans son dos et de lui asséner des remarques blessantes. Cependant, le blanc avait pris l'habitude de se fermer au monde extérieur, aux autres. Il n'avait qu'Ivan. De toute façon, personne ne voulait l'approcher pour nouer des liens. Il n'était pas non plus détesté mais, il était le garçon que l'on venait voir pour faire ses devoirs ou répondre aux questions de cours. Ivan n'était pas comme cela. Au premier abord, il apparaissait comme un garçon effrayant et presque racaille. Néanmoins, il avait une sorte de don. Une fois acclimaté, il attirait les autres. Il était très souvent entouré du monde, riait, faisait des blagues, sortait le soir. C'était un lycéen normal. Il avait tout pour plaire dès l'instant où les êtres humains avaient accepté la couleur de ses yeux.
 
–        Salut Ivan !

Axel leva la tête. Ils venaient d'arriver dans la classe et de nombreux de leurs camarades étaient déjà présents. Ils se racontaient leurs vacances, leurs aventures, leurs conquêtes. Ivan était dans son élément. Il allait immédiatement s'installer au fond de la salle. Plusieurs garçons vinrent l'entourer pour rire et connaître les péripéties de son été. Axel ne s'en formalisa pas. Il savait qu'il n'était pas le seul ami d'Ivan et que ce dernier avait besoin de parler à des personnes comme lui. Il alla donc s'installer lui-aussi au fond et reprit sa lecture. Depuis qu'il était enfant, il rêvait de devenir archéologue. Il lisait le plus possible tout ce qui avait un rapport avec les cultures anciennes. Les mayas étaient son peuple préféré.
 
Une fois assis, Ivan retrouva son groupe d'amis qui l'entourait déjà. Chacun avait passé des vacances fantastiques. Quelques uns avaient même fait des rencontres amoureuses.
 
–        Et toi tes vacances ? lui demanda Franck – un garçon aux yeux verts espiègles et aux cheveux roux – Tu as fais quoi ?
–        J'ai passé un mois à la plage dans un super mobil-home avec mes parents et Axel.
–        Quoi ? T'as emmené l'intello avec toi ? T'as bien dû t'ennuyer ! s'exclama Franck.
 
Un autre garçon lui donne un coup de coude dans les côtes pour le faire taire. Le regard d'Ivan s'était durci.
 
–        Surveille tes paroles, Franck. Axel est mon meilleur pote depuis le collège, dit-il d'une voix glaciale en se levant. Si tu parles encore une fois de lui comme ça, je te bute.
 
Le roux hocha la tête en retenant sa respiration. Ivan était effrayant lorsqu'il s'énervait. Les deux mois semblaient lui avait fait oublier qu'il ne supportait pas que l'on parle mal d'Axel. Franck déglutit et préféra se taire pour le reste de la conversation.
Ivan se rassit en se calmant. Axel était quelqu'un de spécial mais, malgré tout, Ivan aimait être avec lui. Etre à ses côtés l'apaisait et il avait l'impression de voir des choses d'une toute autre façon. Peut-être était-ce parce que son ami était quelqu'un de très calme et posé, et qu'il arrivait toujours à le calmer dans n'importe quelle circonstance. De plus, Axel était très intelligent. Il voyait des choses que les autres ne voyaient pas. Il les voyait d'une manière différente. Ivan se souvenait encore du jour où il avait décidé de s'interposer au collège. Il avait pris Axel sous son aile. Au départ, il l'avait fait seulement pour s'assurer de meilleures notes. Mais, très vite, il s'était attaché au petit garçon fragile et spécial. Après tout, ne dit-on pas que les opposés s'attirent ?
 
La cloche retentit et chacun se dépêcha de rejoindre sa place. Leur professeur principal, Monsieur Autu, entra et posa sa chemise pleine de feuilles sur son bureau. Il était petit, un peu enrobé, ses lunettes carrés lui donnaient un visage sévère et, on distinguait des cheveux blancs apparaître dans sa tignasse brune.
 
–        Bonjour à tous et bonne rentrée ! Je ne vais pas perdre de temps. Vous avez le bac à la fin de l'année. Il faut vous y mettre dès maintenant ou il sera trop tard. N'oubliez pas de chercher où vous voulez aller ensuite : IUT, BTS, prépa ? C'est très important.
 
Il se racla la gorge et ouvrit sa chemise. Il prit un paquet de feuilles dans ses mains.
 
–        Je vais tout d'abord vous distribuer les documents administratifs habituels. Il faudra me les rendre avant la fin de la semaine prochaine.
 
Les élèves ouvrirent leur sac pour y ranger tous les papiers que leur donnait monsieur Autu. Une fois la distribution terminée, il revint à son bureau.
 
–        Bien. Nous allons maintenant passer à la partie que vous attendez. Votre emploi du temps. Je vous préviens, il est chargé !
 
Il leur donna à chacun la feuille qui regroupait les jours de la semaine.
 
–        Sept heures de maths ? s'exclama un garçon blond.
–        Pourquoi on a de la philo ? C'est nul ! s'écria un autre.
 
Très rapidement, le bazar s'installa dans la salle. Chacun avait sa critique à faire sur l'emploi du temps et se plaignait déjà du trop plein d'heures de cours.
 
–        Je vous avais prévenu ! cria l'enseignant pour se faire entendre dans cette cacophonie. Alors cessez vos enfantillages et prenez votre année au sérieux.
 
Le calme revint petit à petit et le professeur revint se positionner derrière son bureau. Il sortit un cahier et une craie de sa sacoche.
 
–        Bien. Prenez une feuille. Je vais vérifier si votre cerveau n'a pas perdu toutes ses connaissances pendant vos vacances.
 
Un mouvement de protestations s'éleva mais, il n'y prêta pas attention et écrivit les différentes question au tableau. Elles étaient au nombre de dix.
 
–        Vous avez trente minutes. Jusqu'à la fin de l'heure. Si vous terminez en avance, vous pourrez sortir.
 
Seule le grattement des stylos sur le papier se faisait entendre. Au bout de cinq minutes, un raclement de chaise troubla le silence. Toutes les têtes se tournèrent vers le fond de la classe. Axel venait de se lever, sa feuille à la main et son sac sur l'épaule. Il se dirigea vers le bureau et y déposa sa copie. L'enseignant semblait très surpris et n'eut pas le temps de dire un mot. Axel avait déjà quitté la classe. Quelques murmures suivirent son départ mais le professeur de mathématiques fit vite revenir le calme.
 
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Une fois l'heure terminée, Ivan s'étira et rendit sa copie. Il ne pensait pas s'en être trop mal tiré pour une fois.
 
–        Alors ce devoir, Ivan ? demanda Franck en arrivant derrière lui.
–        Je pense que ça va. Comme quoi Axel a eu raison de me faire un peu travailler cet été.
–        C'est plutôt pratique d'être ami avec un intello, laissa échapper le roux.
–        Je ne suis pas ami avec lui pour ça ! s'énverva Ivan.
 
Franck se tut. Il avait encore gaffé.
 
–        Je vais le chercher. Le connaissant, il doit être à la bibliothèque. Je vous retrouve plus tard, les mecs.
 
Il les laissa et se dirigea vers la pièce dans laquelle on trouvait des centaines de livres. La bibliothèque était l'une des plus grande pièce du lycée, après le réfectoire. Il poussa la porte. Un silence de plomb régnait. Il la ferma doucement et chercha son ami. Par habitude, il se dirigea vers le fond de la pièce. Seul à une table, il trouva Alex. Il lisait un livre sur l'archéologie.
 
–        Alors ce devoir ? questionna le blanc.
–        Ça passe, ricana Ivan en s'asseyant en face de lui. Je pense avoir la moyenne. Je suppose que je n'ai pas à te poser la question.
 
Il ne répondit pas. Ivan regarda le petite pile de livres qu'il avait sortit et comptait sûrement emprunter. Cela l'impressionnait qu'il soit capable de lire autant. Au fond, il était un peu jaloux de la capacité d'apprentissage rapide de son ami. Il lui suffisait de lire une fois quelque chose pour le retenir. La mémoire photographique.
 
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Monsieur Autu prit les copies et se dirigea vers la salle des professeur. Il avait besoin d'un café. Il entra et posa son sac sur une chaise avant de se diriger vers la machine qui le contenterait.
 
–        Alors, Autu ? Cette première heure ? Demanda en ricanant un collègue.
–        Plutôt bien. L'un des élèves m'a rendu sa copie après seulement cinq minutes. Il va sûrement avoir un petit zéro.
–        Tu parles d'Axel Kurome ? monsieur Autu prit son café et réfléchit deux secondes.
–        Il me semble que c'est lui, en effet.
–        Tu vas avoir une mauvaise surprise, ria l'autre. Je l'ai eu l'année dernière. Tu ne trouveras jamais une erreur dans sa copie, Autu manqua de lâcher son verre sous l'effet de la surprise.
–        Comment ça ?
–        On peut le qualifier de génie. Je te souhaite bien du courage. Il a un caractère spécial mais, il n'y a pas que lui. Le jeune Ivan Kerlen en pas mal non plus question caractère.
 
Le nouveau professeur de mathématiques porta son verre à ses lèvres en pleine réflexion. Il allait donc avoir du mal ? On frappa à la porte. Les enseignants présents tournèrent la tête et monsieur Autu alla ouvrir. Il tomba nez à nez avec deux hommes vêtus de noir.
 
- Bonjour monsieur, nous sommes de la direction centrale du renseignement intérieur. Nous avons envoyé une lettre à votre directeur pour le rencontrer. Conduisez-nous à lui, je vous prie.
 
 
 
♥ Merci à Erchomai qui a accepté d'être ma bêta-correctrice pour cette fiction !

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L'Héritier Dragon - Chapitre 2 07/11/2016

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Le professeur Autu ne comprenait pas vraiment la situation. Que pouvait donc vouloir les agents du DCRI ? Ils avaient sûrement des affaires plus importantes à régler que de venir dans un lycée.
 
–        Je, bégaya-t-il, je vais chercher le directeur. Veuillez attendre ici, proposa le professeur de maths qui tourna les talons.
 
Un silence inhabituel régnait dans la salle des professeurs. Chacun se demandait pour quelle raison ces hommes se trouvaient ici. N'avait-il pas d'autre chose à faire ? Des murmures commencèrent alors à se répandre chez les adultes. Puis, le directeur arriva. Grand et intimidant, il émanait de lui un charisme rare. Ses yeux marron et vifs ne rataient rien de ce qu'il se passait autour de lui.
 
–        Je vous en prie. Entez messieurs ! proposa-t-il en affichant un grand sourire et en ouvrant les bras. Faites comme chez vous.
 
Les deux agents le remercièrent d'un signe de tête et franchirent le seuil de la porte. Ils suivirent ensuite le principal dans son bureau, sous le regard perdus des enseignants. Le directeur ferma la porte. Son bureau était assez grand, il y avait un grand placard sur tout le côté gauche, des livres, des classeurs et beaucoup de papiers y étaient rangés. Des diplômes étaient accrochés au mur marron avec quelques photos. Le directeur s'installa sur son fauteuil moelleux, derrière son grand pupitre en chaîne qui croulait sous des dossiers divers. Il montra les deux fauteuils en cuir noirs qui lui faisaient face pour les inviter à s'asseoir.
 
–        Bien. Quand comptez-vous commencer, messieurs ? demanda-t-il tout excité.
–        Le plus tôt possible. Notre bureau ne nous a pas laissé beaucoup de temps. Nous avons beaucoup d'autres lycée à voir, expliqua l'un des hommes habillés en noir.
–        Je comprends. Je comprends, acquiesça le directeur. Je vais donc mettre en place les préparatifs.
 
Sur ces mots, il se leva et quitta la pièce en utilisant une porte se trouvant sur le côté de la pièce. Les deux hommes le suivirent. Heureusement pour eux, ce directeur était coopératif. Dans le cas contraire, ils auraient dû utiliser une méthode moins douce.
 
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Ivan avait décidé de lire une bande-dessinée pour passer le temps. Les gros bouquins lui faisaient peur. Il préférait rester dans le simple. Ce fut à ce moment que les hauts parleurs du lycée se mirent en route. La voix de leur directeur résonna.
 
–        Mes chers élèves, pour procéder à un exercice obligatoire, je vais vous demander de suivre les consignes qui vont suivre à la lettre.
 
Ivan et Axel avaient tous deux posé leur lecture sur la table. C'était rare que le directeur fasse une annonce avec un ton aussi sérieux.
 
–        Tout d'abord, les terminales de toutes les sections sont priées de se rendre au gymnase le plus rapidement possible ! Les autres classes seront appelées ultérieurement. Merci de votre coopération.
 
Puis, le haut parleur redevint silencieux. Les deux amis se regardèrent.
 
–        Je suis le seul à trouver ça louche ? demanda Ivan.
 
Axel secoua négativement la tête. Pourtant, ils ne pouvaient pas désobéir. Il se leva donc et mit les livres empruntés dans son sac.
 
–        Allons-y. Plus vite on y sera et plus vite on saura de quoi il en retourne.
 
Ivan quitta sa chaise à son tour et sortit de la bibliothèque. Ils prirent la direction du gymnase. Une foule d'élèves s'amassaient dans les couloirs, rendant leur avancé difficile.
 
–        Bougez-vous un peu ! On n'a pas que ça à faire ! tonna Ivan.
 
Les secondes s'empressèrent d'obéir et les premières se collèrent à contre c½ur contre les murs. Tout le monde voulait aller au gymnase pour connaître le but de cet exercice.
 
–        Le fait qu'il soit obligatoire le rend encore plus soupçonneux, pensa Axel tout haut.
–        Comment ça ?
–        En disant cela, le directeur fait en sorte que tout le monde soit présent. Il ne veut pas d'élèves manquants.
–        En quoi c'est bizarre ? demanda Ivan qui ne voyait pas où son ami voulait en venir.
–        Je t'explique. En faisant cette annonce, il dit qu'il s'agit d'un exercice, un peu comme les entraînements avec les alarmes incendies. Ce n'est pas difficile de t'échapper rapidement pour sécher ensuite. Pourtant, là, on peut dire qu'il n'y a aucun danger pour nous ou l'établissement. Sinon, il ne l'aurait pas annoncé aussi calmement.
–        Et ? le pressa Ivan qui ne comprenait toujours pas.
–        Il ne veut pas d'absent. Donc tous les élèves sont requis pour cet exercice. Ce qui signifie qu'il se trame quelque chose de louche.
 
Le cerveau d'Ivan marchait à pleine vitesse. Cependant, il ne voyait toujours pas comment Axel avait fait pour en arriver à cette conclusion.
 
–        Tu pars trop loin dans ton délire là ! Rigola-t-il. Il faut que tu arrêtes de lire des histoires bidons ! Il veut juste faire un exercice et il préfère que tout le monde soit là.
 
Il ne semblait pas avoir convaincu Axel qui restait sur son idée. On n'aurait pas dit mais il était très têtu. Ils arrivèrent au gymnase où beaucoup de terminales s'étaient déjà rassemblés. La salle était vaste et spacieuse, des bancs étaient entassés sur le côté pour le public lors des tournois. Des paniers de baskets étaient accrochés au plafond et des lignes de couleurs différentes étaient tracées sur e sol. Servant à délimiter les différents terrains de jeux. Au fond s'élevait une estrade qui pouvait servir de scène pour le podium ou les présentations. Une fois tout le monde présent, les grandes portes se fermèrent faisant grincer des dents Axel.
 
–        Quoi encore ? chuchota Ivan.
–        Ils ne veulent pas qu'on sorte. Ça veut dire qu'ils pensent que l'on pourrait s'enfuir.
 
Ivan leva les yeux au ciel. Parfois, il se demandait si son ami n'était pas un paranoïaque. Il voyait le mal partout et imaginaient toujours les pires scénarios. Il était très rarement positif.
 
–        Nous demandons le silence, s'il vous plaît !
 
Un silence de plomb se fit d'un seul coup. Un homme tout vêtu de noir venait de monter sur l'estrade du fond avec un micro à la main. Il était jeune et possédait des cheveux blonds ainsi que des yeux bleus comme la mer.
 
–        Merci à tous d'être venus. Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Mon collègue et moi-même sommes des agents du DCRI.
 
Le silence disparut aussitôt et tout le monde fut surpris par cette annonce.
 
–        C'est quoi le DCRI ? chuchota Ivan à l'oreille d'Axel pour ne pas montrer qu'il l'ignorait.
–        La direction centrale du renseignement intérieur. Si tu préfères, c'est un peu le FBI français.
 
Ivan resta bouche bée face à cette révélation.
 
–        Que font-ils ici ? Ils ne devraient pas être occupés à régler des affaires hyper importantes ?
–        Si.
 
D'un seul coup, Ivan venait de se dire que la paranoïa d'Axel n'était peut-être pas aussi idiote qu'il le pensait. Un frisson parcourut son corps. Il avait un mauvais pressentiment.
 
–        Notre but est simple, reprit l'agent. Nous recherchons juste une personne spéciale. Et pour la trouver, nous sillonnons les lycées de France et effectuons des prises de sang à chaque élève. Il s'agit de la seule chose qui vous sera demandé aujourd'hui. Bien entendu, il est de votre droit de refuser. Rien ne vous y oblige. Cependant, pour notre bien à tous, il serait mieux que chacun de vous coopère. Un infirmier professionnel effectuera toutes les prises de sang et il y a le matériel médical adéquat.
–        Donc, ils comptent sûrement nous demander autre chose, un autre jour, en conclut Axel.
 
Ivan avait perdu sa langue. Il se contentait de regarder la scène de loin. Pourquoi étaient-ils en quête d'une personne spéciale ? Il n'eut pas le temps de se poser la question. Une file venait de se former pour attendre de se faire effectuer une prise de sang. Ils n'eurent pas d'autre choix que de s'y insérer et de patienter. Personne ne parlait. Chacun tournait et retournait dans sa tête les informations qui venaient d'être dévoilées.
 
–        Au moins, ils nous disent pourquoi ils font ça, tenta de se rassurer Ivan.
–        Tu parles. Ils nous disent juste ce qu'il faut pour que l'on soit satisfait. C'est la phase émergée de l'iceberg, le coupa Axel.
 
Ivan arrêta de parler. Finalement, ce fut à son tour. Il avança derrière le rideau. Il avait été installé un fauteuil ainsi que plusieurs tubes vides et des seringues. Un infirmier l'invita à s'asseoir et prit du désinfectant qu'il passa sur le creux de son coude. Puis, il s'empara d'une seringue au bout de laquelle il attacha l'un des tubes.
 
–        Attention, ça va piquer, prévint-il avant d'enfoncer l'aiguille dans une veine.
 
Ivan ferma les yeux et attendit. Quelques secondes plus tard, l'infirmier lui mit un pansement et lui fit signe que c'était terminé. Soulagé, Ivan se dépêcha de sortir. A l'extérieur, il retrouva Franck et son groupe d'amis qui attendaient.
 
–        C'était bizarre cette histoire, non ? demanda Ivan.
–        Ouais. Enfin, on peut se dire que l'un d'entre nous est peut-être exceptionnel, ricana Franck.
 
Puis, il y eut un blanc. Pendant plusieurs minutes, personne ne vint. Enfin, après une dizaine de minutes, Axel sortit à son tour.
 
–        Il t'a aspiré trois litres de sang ou quoi ? s'exclama Ivan.
–        Non. Il n'arrivait pas à trouver ma veine.
–        Franchement, ce genre d'histoire n'arrive qu'à toi, soupira Ivan. Allez, viens. Avec tout ça, il va bientôt être l'heure de manger.
–        Ivan ! Tu n'avais pas dit qu'on mangeait ensemble en ville ce midi ? intervint Franck.
–        Ah oui ! Désolé Axel. Je leur ai promis ce matin. Tu ne m'en veux pas ?
–        Non, lâcha-t-il en tournant les talons.
 
Ivan le regarda partir sans rien dire. Cela lui faisait toujours un peu de peine de le laisser seul. Néanmoins, il avait besoin de côtoyer des gens comme lui. Axel était un peu trop complexe à son goût. Trop différent.
 
**
 
Axel entra dans le réfectoire et passa rapidement. Les secondes et les premières étaient encore  en cours lors la salle était plutôt vide. Seuls les terminales étaient présents. Avec son plateau, il alla s'asseoir au fond, dans un coin. Les événements de ce jour ne lui plaisaient pas. Il avait l'impression de flairer quelque chose de pas net. Pourtant, il était toujours le seul à penser comme cela. Ivan avait raison. Il imaginait tout le temps le pire scénario.
 
–        Je m'inquiète sûrement pour rien, soupira-t-il en baissant la tête sur son plateau.
 
Le menu du jour n'était pas très attrayant : haricots verts avec un steak qui ressemblait plus à une semelle qu'autre chose, une compote en dessert et un vieux bout de pain.
 
–        Je ne vais quand même pas faire le difficile. Ce soir, ce sera pire.
 
Il mangea donc en regardant autour de lui. Il ne voyait que des groupes d'amis qui riaient et parlaient joyeusement. Le bruit devenait de plus en plus grand au fur et à mesure que le self se remplissait. Cela lui coupait l'appétit. Il préférait le silence : calme et paisible.
 
–        J'ai trouvé les filles !
 
Un plateau s'abattit soudainement sous ses yeux. Il leva brusquement la tête.
 
–        Peut-on s'asseoir ici ? Il n'y  a plus de place, demanda une jeune fille en mimant une prière.
 
Le garçon haussa les sourcils. Les élèves faisaient tout pour l'éviter à la base. Cependant, il ne pouvait pas refuser.
 
–        Oui. Allez-y, soupira-t-il en se disant qu'il n'aurait jamais le calme.
–        Merci beaucoup ! s'exclama la jeune fille.
 
Elle s'assit en face de lui puis, deux autres vinrent la rejoindre. La première avait une longue chevelure noire, comme celle d'Ivan, mais ses yeux étaient noisette et plein de malice. Elle était fine avec quelques formes plutôt généreuses. Les deux autres avaient toutes les deux de longs cheveux châtain et des yeux verts. Cependant, l'une d'entre elle possédait une mèche rouge ainsi que des yeux en amande. Axel reconnut alors celle qui lui avait parlé. Il s'agissait de Maya : la fille dont Ivan était follement amoureux. « Bien fait pour toi. Ca t'apprendra à me laisser tout seul » pensa-t-il. Elle posa alors ses couverts sur le plateau et le regarda droit dans les yeux ce qui eut pour effet de totalement le surprendre.
 
–        Ca fait un moment que je veux te demander. Tu es Axel Kurome en terminale S, non ?
–        Euh oui. Pourquoi ? répondit-t-il sur ses gardes ; elle en savait beaucoup sur lui pour une fille à qui il n'avait jamais parlé.
–        J'ai entendu parler de toi. Il paraît que tu es très fort en maths ! S'enthousiasma-t-elle.
–        Oui. Et donc ?
–        Est-ce que tu accepterais de me donner quelques cours ?
–        Hein ?
 
La demande l'avait tellement surpris qu'il n'avait pas pu s'empêcher de lâcher ce mot. C'en était une plutôt inhabituelle. Habituellement, on lui demandait juste de lui donner les réponses. Et surtout, il savait que la fille était en littéraire.
 
–        J'ai option maths car je sais que ce sera toujours utile ! dit-elle pour répondre à sa question silencieuse. Mais, j'ai vraiment beaucoup de difficultés. S'il te plaît.
 
Axel n'avait aucune envie de lui donner des cours. En plus, Ivan le tuerait certainement s'il l'apprenait.
 
–        Désolé. J'ai pas le temps pour ça.
–        Oh, fit-elle avec déception. Dommage.
 
Elle reprit ses couverts et recommença à manger en silence. Axel termina vite son repas et se leva. Il avait besoin de s'isoler. Une fois le jeune homme disparu, la fille aux cheveux châtain explosa de rire.
 
–        T'as perdu ! Tu nous dois dix euros à chacune, réclama-t-elle.
–        Non. Seulement cinq. Le pari était que je lui demande et après, qu'il accepte. J'ai fait la moitié.
–        Mouais, mouais. En tout cas, tu nous dois de l'argent.
 
Maya soupira. Elle ne pensait pas qu'elle se prendrait un non dans la figure. Etant donné qu'il était toujours seul et qu'il effrayait les gens, elle avait pensé qu'il sauterait sur l'occasion de passer de temps avec une fille.
 
–        Tant pis. C'était sûrement sa seule chance, rigola-t-elle. Il l'a loupé.
 
Et elles partirent dans un fou rire, toutes les trois.

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L'Héritier Dragon - Chapitre 3 18/11/2016

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Après l'heure du repas, les élèves furent ramenés à l'ordre par la sonnerie. Chacun traîna des pieds pour retourner dans sa salle de classe. Les agents du DCRI avaient terminé toutes les prises de sang. Les infirmiers portèrent les centaines de tubes dans un camion réfrigéré et fermèrent les portes. Tous étaient minutieusement numérotés et chaque  numéro correspondait à une fiche complète sur l'élève concerné. L'homme blond donna quelques ordres rapides et alla remercie le directeur pour sa coopération.
 
–        Nous vous contacterons dans la semaine dans le cas où il y aurait quelque chose de particulier, promit-il en lui serrant la main.
–        Je compte sur vous !, s'exclama le directeur qui avait hâte.
 
Si jamais son lycée venait à héberger un élève spécifique, il pourrait alors toucher une certaine somme d'argent. Il se frottait déjà les mains rien qu'à y penser. Les hommes montèrent en voiture et quittèrent le lycée. Ils allaient tout envoyer au laboratoire pour étudier les flacons de sang. Si jamais il se trouvait ici, les scientifiques le trouveraient.
 
**
 
Suite à un copieux repas effectué dans un kebab, Ivan alla s'asseoir à sa place en se massant le ventre.
 
–        J'ai trop mangé, se plaignit-il.
–        Arrête de geindre. C'est mieux que le repas du self, fit remarquer Franck.
 
Ivan ria et hocha la tête. Il avait bien raison. Les repas que servaient le lycée étaient juste infects. Il posa les coudes sur la table et chercha Axel. Ce dernier venait juste d'entrer. Il se dirigeait vers lui et lui glissa en passant un petit mot dans sa trousse. Ivan s'empressa de le lire.
 
Devine qui est venu manger à ma table ce midi ? Une jolie fille que tu aimes bien;)
 
Ivan chiffonnât le mot. Axel voulait-il insinuer que Maya était venue manger avec lui ? Cela ne lui plaisait pas. Il avait hâte que les deux heures de physique se terminent pour aller trier les informations. Leur enseignant arriva quelques minutes plus tard. Il était petit, fin, plutôt jeune avec des cheveux noirs. Il commença l'année par un cours de mécanique. Chacun prit une feuille et s'empressa de noter le cours qu'il affichait au tableau tout en donnant des explications. A la fin des deux heures, il leur donna trois exercices . L'un des élèves passerait au tableau pour le corriger lors du prochain cours. Un grommellement d'insatisfaction se propagea pourtant, tout le monde ouvrit son agenda pour noter. Une fois libre, Ivan se précipita vers Axel avant même qu'il n'ait fermé son sac.
 
–        C'est quoi cette histoire ?, siffla-t-il entre ses dents. Maya a mangé avec toi ?
–        C'est pas une histoire mais la vérité. Il n'y avait plus de place dans le self. Ses amies et elle sont venues à ma table.
 
Axel voyait que cette nouvelle ne plaisait pas à son ami. Cependant, c'était pour lui un moyen de se venger un peu.
 
–        Tu veux savoir la meilleure dans tout ça ? Elle voulait que je lui donne des cours de maths, rajouta-t-il pour remuer le couteau dans la plaie.
 
Le visage d'Ivan devint rouge de colère. Il avait soudain une profonde envie de frapper son ami. Il préféra cependant s'abstenir. Après tout, ce n'était pas de la faute d'Axel si Maya tait venue à sa table. Un simple coup du hasard. Elle avait ensuite tenté sa chance pour avoir de meilleures notes en mathématiques. Oui, c'était aussi simple que ça. Il prit une grande inspiration et évacua sa colère inutile.
 
–        T'as accepté ?, demanda-t-il, curieux.
–        Non. J'ai pas que ça à faire. Puis, je pense pas que ça t'aurais plus.
 
Un léger sourire flotta sur le visage d'Ivan. En effet, cela ne lui aurait très certainement pas plu. Il aurait même été énervé. Encore plus qu'après avoir su qu'ils avaient mangé ensemble. Il s'en voulut d'avoir éprouvé de la fureur envers son ami. Il savait qu'Axel ne portait pas un grand intérêt aux filles. Il était trop renfermé sur lui-même pour se soucier de ce genre de chose.
 
–        On a quoi comme cours maintenant ?
–        Tu vas être content. De la philo, répondit Axel.
 
**
 
Au département de la recherche scientifique du DCRI, les agents venaient de livrer les tubes de sang. Les hommes de sciences s'empressèrent de commencer les analyses une à une. Ils étudiaient les séquences d'ADN pour tenter de trouver la base azotée dégénérant. Un jour, peu de temps après la découverte de la tablette dans les années soixante, les archéologues découvrirent un corps en parfait état de conservation. Celui-ci avait suivit des analyses et, en déchiffrant son ADN, les scientifiques découvrirent une base azotée inconnue. La draonine (D), car il l'avait baptisé ainsi, ne faisait pas parti des quatre préexistantes : guanine (G), cytosine (C), adénine (A) et thymine (T). Après des recherches plus poussées, ils s'étaient aperçus que le corps de cet homme n'était pas comme celui des autres. Sa constitution était bien plus forte et résistante que celle d'un être humain lambda. Une énergie particulière circulait dans ses muscles. Ils étaient parvenus à isoler une part de cette énergie mais, s'étaient vite rendus compte qu'elle était dangereuse et destructrice. Elle avait la capacité de détruire n'importe quels matériaux et rien ne pouvait la détruire. Ils en avaient informé leurs supérieurs. Ceux-ci avaient immédiatement lancé une opération de recherche sur la draonine. Ils avaient, tout d'abord, visé les lycée car il semblerait que la mutation se manifestait aux alentours de l'adolescence.
Les scientifiques examinaient donc tous les ADN récoltés. Pour le moment, il n'y avait aucun signe de draonine. De toute façon, une alarme retentirait si l'ordinateur venait à en détecter.
Vers vingt-trois heures, les hommes de sciences firent une pause et allèrent prendre un café. Juste avant de quitter le laboratoire, l'un d'entre eux lança une nouvelle séquence pour gagner du temps. Quelques minutes plus tard, alors qu'ils buvaient leurs boissons, une alarme puissante hurla dans leurs oreilles. En une fraction de seconde, ils lâchèrent tous leurs gobelets et se ruèrent dans la salle de recherches. Sur un écran d'ordinateur, un énorme D clignotait en rouge.
 
–        Nous en avons trouvé un !, s'exclamèrent-ils joyeusement.
 
L'un d'entre eux saisit le téléphone le plus proche et appela les agents chargés de la mission. Pendant ce temps, le numéro de l'ADN analysé était enregistré pour voir à quelle personne il appartenait et dans quelle lycée elle se trouvait.
 
–        J'ai le dossier !, exulta l'un d'eux. Emmenons-le à nos supérieurs.
 
Ils quittèrent la salle en vitesse, laissant tout le reste en plan. Le plus important était ailleurs. Ils avaient trouvé une personne porteuse de la draonine.
 
**
 
Axel était assis à son bureau, dans sa petite chambre. Seule sa lampe lui fournissait de la lumière. Il faisait tournoyer un stylo entre ses doigts, le regard dans le vague. Depuis cette prise de sang, il avait l'estomac noué. Un mauvais pressentiment le tenaillait. Peut-être qu'il se faisait un film pour rien. Néanmoins, cela lui était déjà arrivé.
 
–        Eteins la lumière ! On la voit par dessous la porte !, hurla soudainement la voix d'une femme frappant à sa porte. Il est vingt-trois heures !
–        Oui, désolé, s'excusa-t-il en éteignant la lampe se plongeant ainsi dans le noir.
 
Il se leva et se laissa tomber sur son lit. Il vivait dans une famille d'accueil depuis huit ans. Cependant, celle-ci ne l'appréciait pas. Il le gardait car cela leur apportait de l'argent. Axel était la brebis galeuse. Il recevait les restes. Il possédait une minuscule chambre ne comptant qu'un lit, un bureau et un placard qui rentrait à peine. Pas de fenêtres. Il y faisait toujours sombre. Malgré cela, il ne s'en plaignait pas. Il pourrait très bien ne pas avoir de toit et errer dans la rue comme un vagabond. A force de réfléchir, il finit par s'endormir vers minuit.
 
**
 
Ivan était concentré sur son tout dernier jeu vidéo acquis. Il s'agissait d'un jeu de guerre comme il les aimait. Sa mère avait beau lui dire de se coucher, il ne l'écoutait pas. L'écran était bien trop attractif. Ce fut finalement son téléphone qui lui fit détourner la tête de la console. Celui-ci sonnait. Ivan le prit et décrocha sans vraiment regarder le numéro qui s'affichait. Il n'y avait qu'Axel pour l'appeler aussi tard.
 
–        Allo ?, fit-il.
–        Ivan Kerlen ?
 
**
 
Le réveil fut rude pour Axel. Il ne s'était pas rendu compte qu'il avait dormi tard. Ce fut la guerre pour aller au lycée. Il mangea en cinq minutes et n'eut même pas le temps de prendre une douche. Son sac sur le dos, il courut pour ne par arriver en retard. Finalement, il parvint à arriver pile à l'heure pour leur premier cours d'anglais. Il était à bout de souffle et s'appuya sur sa table pour reprendre sa respiration. Il n'était pas habitué à courir autant. Une fois son souffle repris, il remarqua l'absence d'Ivan. Cela lui parut étrange. Il vérifia son téléphone. Aucun message le prévenant. Aurait-il oublié de se réveiller lui-aussi ? Il n'eut pas le temps de trop y réfléchir. Leur professeur de langue commençait son cours. Axel essaya de joindre Ivan durant l'interclasse. Il tombait directement sur sa messagerie. Il tenta à plusieurs reprises de l'avoir. Sans succès.
 
–        Que fait-il encore ?
–        T'as perdu ta maman ?, fit une voix un peu trop mielleuse à son goût.
 
Axel leva la tête et tomba sur Franck et ses amis. Il n'était vraiment pas d'humeur.
 
–        J'ai pas le temps de jouer avec toi, répliqua-t-il froidement avant de partir.
–        Tu ne te demandes pas pourquoi ton super pote est absent ?
 
Il s'arrêta. Est-ce que Franck connaissait la cause de l'absence d'Ivan ? Pour une fois, il avait piqué sa curiosité.
 
–        T'es pas au courant ?, il fit mine d'avoir l'air surpris. Comme c'est étrange. Je pensais que c'était ton meilleur ami, qu'il te disait tout.
–        Pourrais-tu te taire ? Ca m'arrangerait, fit Axel en restant calme.
–        Comment ? Tu me donnes des ordres en plus ? Ca ne va pas du tout là !, s'exclama-t-il en saisissant Axel par le col. Vu qu'Ivan n'est pas là, il n'y a personne pour te protéger, minus. Alors parle-moi sur un autre ton. Tu me dois le respect.
–        Le respect est quelque chose qui se mérite, lança Axel.
 
Le visage du roux devint rouge et il leva le point pour le frapper.
 
–        Eh vous ! Que faites-vous ?
 
Monsieur Autu venait d'arriver avec ses papiers sous le bras. Ils avaient cours avec lui pour deux heures de maths. Il observait la scène, incrédule. Franck  lâcha Axel en souriant.
 
–        Rien du tout, monsieur. On s'amusait juste un peu. Histoire de passer le temps, dit-il avec un air innocent.
–        Est-ce vrai, Axel ?, demanda l'enseignant pour être sûr. Vous n'aviez pas l'air de vous amuser.
–        Tout va bien.
 
Axel le regarda droit dans les yeux avec un sourire rassurant.
 
–        Il ne faisait que m'apprendre à me défendre en cas d'agression, mentit Axel avec un facilité déconcertante.
–        Oh. Très bien. Dans ce cas, retournez en classe vous asseoir, jeunes gens !
 
Ils obéirent. Même si Axel savait que Franck ne s'arrêterait pas là. S'il pouvait lui faire du mal, il n'hésiterait pas. Et il était forcé d'avouer que le rouquin avait touché une corde sensible cette fois. Il savait qu'il n'était pas le seul ami d'Ivan mais, il s'était toujours considéré comme étant le plus important. Ce dernier lui disait toujours tout. Ils étaient plus complices qu'ils ne le laissaient paraître. Peut-être qu'Axel était le seul à penser cela.
 
**
 
Cela faisait déjà plusieurs heures qu'Ivan attendait dans ce grand hall d'entrée. Plutôt impressionnant, il s'élevait jusqu'à dix mètres au-dessus de sa tête. Vertigineux. Des centaines de personnes ne cessaient de passer et repasser sans arrête. On l'avait appelé pour lui demander de venir ici le plus tôt possible. Cependant, personne n'était venu le voir. Il commençait à s'impatienter. Une jeune femme se posta alors devant lui, un bloc note à la main. Elle le regarda.
 
–        Vous êtes bien Ivan Kerlen ?, s'assura-t-elle.
–        Oui. C'est bien moi.
–        Veuillez me suivre. Mon supérieur vous attend.


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L'Héritier Dragon - Chapitre 4 01/12/2016


Ivan suivit la jeune femme dans un long couloir blanc sans fenêtre. Elle avait des cheveux blonds attachés en queue de cheval. Ils se balançaient au rythme de ses pas. Ses jambes fines et blanches étaient recouvertes par un fin collant transparent. Elle portait un tailleur noir et ses talons hauts claquaient sur le sol. Le bruit de ses pas résonnait dans le long corridor désert. Plusieurs portes en chêne se suivaient. Sur chacune d'elle était inscrit un numéro dans le bois. Ils finirent par arriver devant la trentième porte. La jeune femme frappa et attendit quelques secondes. Celle-ci s'ouvrit et elle invita Ivan à entrer d'un mouvement du bras. Il s'exécuta et pénétra dans un vaste bureau clairs. Une grande baie vitrée donnait sur la ville et un bureau trônait devant. Un grand fauteuil noir sur roulette leur montrait son dos. Il semblait y avoir quelqu'un dedans. Au sol reposait un grand tapis aux motifs complexes et colorés. Des bibliothèques remplies d'ouvrages se situaient de chaque côté du bureau. Deux fauteuil moelleux attendaient face au pupitre. La jeune femme fit asseoir Ivan dans l'un d'entre eux puis alla se mettre debout à côté du siège noir qui se retourna vers le garçon. Assis sur celui-ci se trouvait un homme. Il semblait plutôt jeune. Il avait ses deux mains jointes et un petit sourire de contentement éclairait son visage. Il était doté d'yeux émeraudes et d'une chevelure rousse et frisée qui lui donnait un air un peu fou.
 
–        Bonjour, Ivan, commença-t-il d'une voix douce. Je me présente : Erwan Spirkle. Gérant et directeur du pôle de recherche scientifique nouvellement fondé. Je suis l'auteur de la mission dont vous ont parlé mes agents hier.
–        Oh.
 
Ivan resta sans voix. Il ne s'attendait pas à se trouver face à une personne aussi importante.
 
–        Tu te demandes certainement la raison de ta présence ici, n'est-ce pas ?, devina le gérant.
 
Ivan hocha la tête. Il ne savait pas comment il devait s'exprimer face à une personne comme lui. Monsieur Spirkle se rapprocha de son bureau et posa ses mains dessus.
 
–        Je dois tout d'abord commencer par te donner une petite leçon de biologie, informa-t-il.
–        Oh non, laissa échapper le jeune homme sans le vouloir.
–        Tu verras, ria Erwan, bientôt, tu ne diras plus ça. Ecoute-moi bien attentivement.
 
Il commença par lui expliquer les bases de la génétique. Les quatre bases azotées qui constituaient l'ADN. Ivan connaissait déjà tout cela. Il l'étudiant en SVT. La partie intéressante arriva quand le directeur parla de la draonine, une base nouvellement découverte qui donnait à son possesseur des capacité unique.
 
–        Donc, pour entrer dans le vif du sujet, nous avons découvert cette fameuse base dans ton corps, Ivan. Tu fais donc parti des personnes spéciales que nous cherchons dans toute la France.
–        Pardon ?
 
L'information lui fit l'effet d'un choc. Il ne s'attendait pas à une nouvelle comme celle-là.
 
–        Tu es différent, Ivan. Tu es un être supérieur à l'humain ordinaire, lui fit comprendre Erwan.
 
Après réflexion, cette nouvelle ne déplut pas au jeune homme. L'idée de se sentir plus fort que les autres lui plut. Quand il dirait cela à Axel, il n'en reviendrait pas.
 
–        Et donc, commença Ivan. Qu'est-ce que je suis censé faire de ce pouvoir ? Je suppose que vous attendez quelque chose de moi.
–        Tu es perspicace. En effet, tes facultés pourraient nous être utile. Si tu es là aujourd'hui, c'est pour que l'on puisse faire des expériences.
–        Quel genre d'expériences ?, demanda Ivan légèrement inquiet.
–        Ne t'inquiète pas. Ce n'est rien de bien méchant, le rassura immédiatement le directeur. Il s'agit juste de tester ce dont tu es capable. Rien de plus. Bien entendu, tu as le droit de refuser. Je te laisse donc le temps de réfléchir à cette proposition.
 
Il ouvrit un tiroir sur le côté de son bureau et en sortit une carte blanche sur laquelle se trouvait un nom, une adresse mail et un numéro de téléphone. Il la lui tendit en souriant.
 
–        Tiens. Comme ça tu pourras me joindre si jamais tu souhaites accepter. Bien entendu, tu recevras un salaire si tu participes à notre projet.
 
Ivan prit la petite carte et la rangea dans l'une de ses poches. Puis, Erwan se leva et tendit la main.
 
–        A très bientôt, j'espère.
 
**
 
Ivan sortit du grand bâtiment encore un peu ébranlé par ce qu'il venait d'apprendre. Il était spécial. Il appartenait à une catégorie de personnes différentes, supérieures. Il ne pouvait pas arrêter de sourire. Il était fier de cette nouvelle. Sans attendre une seconde, il saisit son téléphone et composa rapidement le numéro d'Axel qu'il connaissait par c½ur. Il tomba sur son répondeur. Bien entendu. Il devait sûrement être en cours. Quel idiot ! Il le rangea et rentra rapidement chez lui. Monsieur Spirkle lui avait déconseillé de mettre ses parents au courant pour le moment. Il risquerait de les inquiéter pour rien. Ivan préférait l'éviter. Ils seraient capables de lui interdire d'accepter la proposition du directeur. Le jeune homme voulait y réfléchir et peut-être même l'accepter. Après tout, c'était plutôt alléchant.
 
**
 
Le professeur Eric Autu, avant de commencer son cours, décida de leur rendre les petit devoirs surprises effectués la veille.
 
–        Bien. Pour vous dire la vérité. Je suis assez déçu, avoua-t-il. Les notes sont basses et on dirait que vous avez perdu tous les acquis de la première année !
 
Personne ne pipa un mot. Ils laissèrent leur professeur de maths distribuer les copies en marmonnant quelques commentaires de temps en temps. Puis, il arriva à Axel. Il soupira et lui tendit la feuille.
 
–        Excellent. Aucune erreur. Continuez comme ça.
 
Axel prit sa feuille et ne regarda même pas la note. Il la rangea immédiatement dans son cahier et son regard se perdit vite dans le vague. Eric repensa à la scène à laquelle il avait assisté durant l'interclasse. Ce garçon était brimé par ses camarades. En tant que professeur, il était de son devoir de régler ce problème. Il le convoquerait à la fin de la classe. Il termina de rendre les copies et remarqua l'absence d'Ivan.
 
–        Quelqu'un prend pour monsieur Kerlen ?, demanda-t-il en scrutant la classe du regard.
 
Axel leva la main par réflexe. Il récupéra la copie et la rangea avec la sienne. Ivan avait eu sept sur dix. C'était pas mal. Monsieur Autu commença ensuite le cours en demanda à certains élèves de venir au tableau pour corriger les exercices qu'il avait donné la veille. Une petite heure plus tard, on frappa à la porte.
 
–        Entrez !
 
La porte s'ouvrit et laissa apparaître Ivan.
 
–        Bonjour. Excusez-moi, dit-il en entrant et en montrant son billet d'absence.
–        Tu peux aller t'asseoir, fit rapidement Eric en reprenant son cours.
 
Ivan obéit et sortit rapidement ses affaires pour prendre le cours. Ce n'était pas le moment d'accumuler du retard. Au bout des deux heures, la sonnerie se fit entendre et chacun se dépêcha de ranger ses affaires pour aller manger au self.
 
–        Monsieur Kurome. Veuillez attendre avant de sortir, je vous prie, demanda l'enseignant.
 
Ivan regarda son ami. Il s'était passé quelque chose durant son absence ? Axel semblait, lui aussi, surprit. Pourtant il ne fit rien et alla directement voir le professeur. Une fois tout le monde sorti, Ivn lui jeta un petit coup d'½il et lui sourit.
 
–        Je t'attends à côté, fit-il avant de fermer la porte derrière lui.
 
Une fois seul avec Axel, Eric s'assit à une table et invita son élève à en faire de même. Axel se posa face à lui. Son regard était suspicieux. Cependant, il ne dit rien et attendit que son professeur parle en premer.
 
–        Bon. Axel, commença Eric. Je voulais savoir si tu avais des problèmes avec – il hésita – tes camarades de classe.
–        Non. Pas particulièrement.
–        Tu es sûr ? Il m'a semblé que Franck ne te portait pas dans son c½ur. Alors je préfère éviter les problèmes de violence ou de harcèlement, tenta-t-il de lui faire comprendre.
–        Je comprends où vous voulez en venir mais, il n'y a pas de problèmes. C'est juste que Franck ne m'aime pas. Rien de plus. Je vous l'assure.
 
L'air de sincérité qu'il dégageait était désarmant et Eric faillit en perdre ses mots. Il réfléchit quelques secondes, il se souvenait de son collègue, Sébastian, qui l'avait prévenu. Axel Kurome était quelqu'un d'intelligent et de spécial.
 
–        Axel. Si jamais tu as un problème, tu peux m'en parler. Nous sommes là pour ça, nous, les professeur.
 
Il crut alors voir un sourire narquois s'afficher sur le visage du garçon. C'était comme un rictus. Néanmoins, il disparut aussitôt. Avait-il rêvé ? Il battit les paupières et reprit son aplomb.
 
–        Vous savez, monsieur, mes anciennes expériences m'ont appris quelque chose, avoua le garçon.
–        Vraiment ? Quoi donc ?, demanda Eric, heureux qu'il parle un peu.
 
Axel releva la tête. Il avait une expression triste alors que pourtant, il souriait. Cela dérouta le professeur. Ce n'était pas une expression que l'on voyait sur le visage d'un adolescent.
 
–        On ne peut pas faire confiance aux adultes, monsieur.
 
**
 
Ivan attendit que son ami sorte. Il avait vraiment hâte de tout lui expliquer. Pourtant, il s'inquiétait aussi. Pourquoi l'enseignant avait-il voulu le voir à la fin du cours ? Sans savoir pourquoi, il se douta que tout cela avait un rapport avec Franck. Avait-il profité de son absence pour s'en prendre à Axel ? Si cela était vrai, il n'allait pas le laisser faire. Surtout après ce qu'il venait d'apprendre sur lui-même. La porte s'ouvrit et Axel sortit. Il le regarda avec un petit sourire.
 
–        On y va ? Je crois que tu me dois des explications.
 
Ivan déglutit. Il n'aimait pas voir Axel avec cette expression sur le visage. La dernière fois, ça avait mal fini. Il s'en souvenait encore. Pourtant, ça remontait à la troisième. Il prit une grande inspiration et le suivit. En passant devant la porte ouverte, il aperçut monsieur Autu. Celui-ci regardait la table devant lui. Ses points serrés sur ses jambes et le visage crispé. Cette scène inquiéta deux fois plus Ivan. Que s'était-il passé ?
 
–        Axel. Tu lui as dit quoi pour qu'il soit dans cet état ?
–        Rien de spécial.
–        Allez ! Tu peux tout me dire ! Je suis ton ami quand même, sourit le grand.
 
Axel s'arrêta brutalement de marcher. Ivan faillit lui rentrer dedans.
 
–        Vraiment ? Comme on est ami, on doit tout se dire, murmura-t-il sans se retourner.
–        Bah oui. C'est pour ça qu'on est meilleur ami, non ?
–        Je vois. Dans ce cas, tu aurais peut-être pu me dire la raison de ton absence.
–        Oh ça ! En fait, j'avais peur que tu t'inquiètes si je te mettais au courant, s'expliqua Ivan.
 
Le silence d'Axel lui fit froid dans le dos. C'est comme si le couloir était d'un seul coup devenu froid et vide de vie. Il se sentait vraiment mal à l'aise.
 
–        T'as donc préféré le dire à Franck. Je comprends.
–        Il s'est passé un truc avec Franck alors ?, s'enerva Ivan.
–        T'as qu'à lui demander !, se fâcha Axel en lui lançant un regard chargé d'éclair qui fit reculer Ivan.
–        Attend, balbutia-t-il. Je ne comprends pas.
 
Axel lui tourna le dos et fila droit devant lui sans un regard en arrière. Ivan l'avait blessé. Il ne pouvait pas le pardonner immédiatement. Il avait besoin de se calmer et de remettre les choses au clair. Le plus grand le regarda s'éloigner en silence. Cela ne servirait à rien de le poursuivre. Il devait juste attendre que les choses se calment. Ils pourraient ensuite en parler calmement et se réconcilier. En attendant, il allait demander à Franck des explications. Il était sûrement en partie responsable de la colère de son meilleur ami.
 
–        On va régler ça vite fait, gronda-t-il en partant à la recherche du roux.

♥ Merci à Erchomai qui a accepté d'être ma bêta-correctrice pour cette fiction !

 
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L'Héritier Dragon - Chapitre 5 12/12/2016

 
 
Axel se réfugia à la bibliothèque. Il avait besoin de calme, de tranquillité. La conversation qu'il avait eu avec son professeur de maths lui avait rappelé de mauvais souvenirs. Des souvenirs qu'il préférait enfouir tout au fond de son esprit. Il se posa dans un fauteuil moelleux et mit sa tête entre ses mains. Il prenait de grandes inspirations pour évacuer la colère et le stress. Heureusement pour lui, Ivan ne l'avait pas suivi. S'il l'avait fait, il aurait certainement piqué une crise. S'il en avait la possibilité, il préférait l'éviter. Il soupira et releva la tête. Le soleil filtrait par les fenêtres et éclairait faiblement la petite table basse face à lui.
 
–        De quoi il se mêle ce prof, marmonna-t-il en se frottant les yeux.
 
**
 
Ivan parcourut le bâtiment de long en large à la recherche de Franck. Il devait vite le retrouver et mettre les points sur les i. Il devait surtout savoir ce qu'il s'était passé entre lui et Axel.
 
–        Rah ! Ca m'énerve ! Une heure d'absence et tout part en vrille !
 
Cela le mettait en colère. Il voudrait être capable de protéger son ami, de le rendre heureux. Et à la place, il ne faisait que lui attirer encore plus d'ennuis. Il soupira et passa sa main dans ses cheveux.
 
–        Est-ce vraiment une bonne idée que je reste avec Axel ?, s'interrogea-t-il. On vit peut-être dans des mondes trop différents tous les deux.
 
A force de tourner en rond, il finit par apercevoir Franck. Le garçon aux cheveux roux était assis sur un banc, entouré de deux autres jeunes hommes. Ils semblaient bien rire. Ivan fronça les sourcils et marcha vers eux.
 
–        Franck, l'appela-t-il en colère.
–        Oui ?, demanda le roux en relevant la tête.
 
Il perdit son sourire en voyant Ivan arriver. Il se doutait bien qu'Axel avait dû tout lui raconter. Il prit une grande inspiration et se prépara à affronter l'orage qui allait bientôt lui tomber dessus.
 
–        Qu'as tu encore fait à Axel ?, hurla-t-il en se postant devant lui avec le visage rouge de colère.
–        Mais rien du tout. On a juste parlé et je lui ai dit la vérité.
–        Quelle vérité ?, tonna Ivan.
–        Et bien, hésita Franck en levant les yeux vers le ciel. Je lui ai dit que tu préférais nous prévenir nous plutôt que lui. Et qu'il devait apprendre à rester à sa place.
 
Ivan perdait son sang froid. Il n'avait qu'une envie : mettre son poing dans la tête du rouquin. Néanmoins, il se retint. Cela ne ferait que lui apporter des ennuis et l'amener devant le directeur. Il reprit son calme et relâcha ses poings.
 
–        Il n'était pas bien du tout. Tu lui as dit quoi ?
–        Rien de spécial, soupira Franck en se grattant le menton. Alors ne cherche pas plus loin.
–        Mais, commença Ivan.
–        De toute façon, je ne comprends pas, le coupa le roux. Comment tu fais pour rester avec lui ? Vous n'êtes pas fait pour vous entendre de toute façon. Il ne fera que te causer des ennuis, ce type. Tu vois ? Tu t'énerves pour rien et tu ne sais même pas pourquoi.
–        Axel est mon meilleur ami ! Et, même si on a des différents, on peut toujours compter l'un sur l'autre. C'est normal les mauvaises passes entre potes.
–        Ouais, si tu le dis. En tout cas, moi, je l'aime pas. Et je ne vais pas changer juste pour toi.
 
Ivan se tut. Il ne pouvait pas obliger Franck à apprécier les mêmes personnes que lui.
 
**
 
–        Je suis contente que la matinée soit enfin terminée, s'exclama une jeune fille aux longs cheveux châtains en levant les bras au ciel.
–        Ne sois pas trop joyeuse Sarah, la réprimanda une deuxième qui portait des cheveux noirs comme la nuit.
–        Ne sois pas rabat-joie Maya, moi je profite des petits plaisirs de la vie au moins.
 
Maya soupira, leur professeur de littérature leur avaient donné un exposé à faire pour la semaine prochaine. Elle savait bien que Sarah ne s'y mettrait pas tout de suite. Elle regarda alors Anastasia, comme Sarah elle avait des cheveux châtains et des yeux verts. A l'exception qu'ils étaient en amandes et qu'une mèche rouge tranchait dans sa chevelure.
–       Qui vient travailler avec moi à la bibliothèque ?, tenta tout de même Maya.
 
Aucune réponse, elle s'en doutait et soupira découragé.
 
–        Désolé, je vais en salle de musique pour m'entraîner un peu, lui expliqua Anastasia.
–        Je vois et toi, Sarah ?
–        J'ai rendez-vous avec un garçon dans dix minutes, désolé Maya, plaisanta-t-elle.
–        Ce n'est rien. On se rejoint tout à l'heure alors.
 
Elles se séparèrent et Maya alla à la bibliothèque. Il y avait beaucoup d'ouvrages qui lui permettraient de vite compléter son exposé. Ainsi, elle serait tranquille pour le reste de la semaine. Elle pourrait se concentrer sur le reste de ses devoirs. Arrivé devant la porte, elle entra et dit bonjour à la bibliothécaire. Ses pas l'emmenèrent vers la section littérature et elle chercha du bout des doigts les titres intéressants. Elle en sélectionna deux ou trois et s'installa à une petite table. Son crayon à la main, elle feuilleta les ouvrages et commença à écrire rapidement sur une feuille de papier.
Après trois quart d'heure de travail elle releva la tête et décida de faire une pause.
- Je vais lire autre chose en attendant, histoire de me changer les idées.
Elle recula sa chaise et se balada entre les rayons, hésitant entre plusieurs livres.
 
–        Hum, voyons. Que vais-je prendre ?
 
Elle fut alors surprise de voir Axel. Elle s'arrêta et l'observa. Il était assis dans un fauteuil et semblait plutôt soucieux. Ses yeux noirs étaient emplis de tristesse et même de peur. Maya eut un peu pitié de lui tout de même, il était si souvent seul.
 
–        C'est pas le moment pour ça, marmonna-t-elle, je ne suis pas là pour m'inquiéter pour les autres.
 
Elle retourna à sa place et ouvrit rapidement son agenda, elle tomba sur des exercices de maths. A croire que le destin était contre elle, là, tout de suite.
 
–        Eh zut, autant en profiter et sérieusement cette fois.
 
Elle saisit son cahier et son livre puis retourna à l'endroit où se trouvait le jeune homme. Elle hésita quelques minutes, ils ne se connaissaient pas du tout et le jour précédent il avait refusé. Cependant, c'était différent, là ce n'était pas une histoire de pari, c'était sérieux.
Elle prit une grande inspiration et fit quelques pas vers lui en se raclant la gorge.
 
–        Excuse-moi ?
 
Il leva soudainement la tête, il semblait très surpris de la voir ici.
 
–        Que veux-tu ?, demanda-t-il sans enthousiasme.
–        Eh bien, hésita la jeune fille, je suis venu te redemander si tu voudrais bien m'aider pour...
–        Non, coupa-t-il sans lui laisser le temps de finir. Je ne suis pas d'humeur.
–        Justement, tenta-t-elle, ça pourrait te changer les idées et puis.
–        J'ai dit non ! s'écria-t-il, ses yeux noirs scintillaient de colère.
 
Maya baissa la tête et préféra ne pas insister.
 
–        Je vois, excuse moi, je ne voulais pas te déranger, dit-elle.
 
Elle tourna les talons et retourna vite fait à sa place. Il n'était vraiment pas aimable du tout.
 
–        Il me le payera, siffla-t-elle entre ses dents.
 
**
Ivan regardait les nuages défilés dans le ciel. Au final, Franck ne lui avait pas dévoilé ce qu'il s'était passé entre lui et Axel. Lui qui voulait tant lui faire partager la grande nouvelle. Il soupira tristement et baissa la tête.
–        Ivan Kerlen ? l'apostropha une voix féminine.
–        Oui ?, répondit-il en relevant la tête.
 
Il s'agissait d'une des surveillantes du lycée. Elle lui sourit et lui demanda de la suivre.
 
–        Ça m'arrive souvent en ce moment, soupira-t-il en rigolant.
 
Cependant, il ne fut pas surpris d'être conduit dans le bureau proviseur. Ce dernier avait dû être mis au courant qu'Ivan était différent. Il se demandait ce que cela pouvait bien apporter au dirigeant de l'école. La jeune femme arriva devant la porte et frappa.
 
–        Monsieur ? Je vous amène Ivan Kerlen, annonça-t-elle.
–        Faites-le entrer, s'exclama la voix réjouit du directeur derrière la porte.
 
La porte s'ouvrit et Ivan entra, seul. Devant lui, un grand bureau remplis de paperasses, derrière lequel se tenait le proviseur. Un grand sourire s'étalait sur son visage. Il lui montra l'un des fauteuils en cuir.
 
–        Je t'en prie installe toi, Ivan ! J'ai appris, la grande nouvelle ! Je suis si fière que tu te trouves dans mon lycée. Crois-moi, cela va bouleverser ta vie.
 
Ivan ne comprit pas encore pourquoi, il se contenta d'écouter le directeur et son discours élogieux à son sujet. Puis il se tut et lui lança un grand sourire.
 
–        Donc, que comptes-tu faire ?
–        Euh, faire ?, demanda Ivan qui ne voyait pas où il voulait en venir.
–        Eh bien, tu disposes d'un grand pouvoir il me semble. Ne serait ce pas dommage de le laisser à l'abandon ? Tu peux réaliser de grandes choses.
–        Je suis, hésita-t-il, en train d'y réfléchir monsieur.
 
**
 
Ce n'était pas un mensonge, il se demandait s'il devait ou non répondre positivement à la demande d'Erwan. Le patron du pôle scientifique.
–        Oui oui bien sûr, ce n'est pas une décision qui se prend à la légère mon garçon. Tu as raison.
–        Eh donc, pourquoi suis-je ici monsieur ?, interrogea Ivan, si ce n'est pas trop indiscret.
–        Mais oui suis-je bête ! J'ai, comment dire, une petite idée pour toi. Veux-tu l'entendre ?
 
Il avait piqué la curiosité du jeune homme. Il hocha la tête et ouvrit grand ses oreilles. Le directeur eu un grand sourire et sortit une feuille d'un tiroir de son bureau.
 
–        Bien, écoute attentivement ce que je vais te dire.
 
**
 
Axel avait réussi à se calmer un minimum. Il décida donc d'aller retrouver Ivan pour lui fournir des explications et aussi s'excuser de son comportement. Il ne voulait pas rester en froid avec son ami. Il était déjà le seul qu'il avait, s'il ne se réconciliait pas avec lui il n'aurait plus personne du tout. Puis, Axel n'était pas du genre à aller essayer d'apprendre à connaitre les gens. Ivan était aussi le seul à pouvoir le supporter.
 
–        Ce que je peux être bête, murmura-t-il, j'ai même renvoyé baladé une fille.
 
Après Ivan, il devrait aussi aller s'excuser auprès de Maya. Elle n'avait rien fait de mal après tout, elle avait juste subi sa colère. Elle s'était trouvée au mauvais endroit au mauvais moment. Il s'empara de son téléphone et envoya rapidement un message à son ami.
 
Il ignorait bien sur que celui-ci était en ce moment même avec le directeur. Et que ce dernier lui faisait une proposition plutôt alléchante.
 
**
 
Ivan réfléchissait. Que devait-il faire ? Ce que lui proposait le proviseur était vraiment intéressant. Surtout, pour quelqu'un comme lui.
 
Il regarda ses mains, un pouvoir coulait en lui, un fluide qui le rendait plus fort. Qui le rendait exceptionnel. Un sourire commença à étirer son visage.
 
–        Je crois, hésita-t-il, que je vais accepter. Et, je vais aussi répondre positivement à la demande de monsieur Erwan Spirkle.
–        Vous m'en voyez ravis, sourit le directeur qui avait un large sourire inquiétant.

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L'Héritier Dragon - Chapitre 6 12/12/2016

L'Héritier Dragon - Chapitre 6

Le directeur congédia Ivan de son bureau en lui conseillant d'aller voir le plus rapidement monsieur Spirkle pour les tests à effectuer. Le jeune homme sortit la carte de visite que lui avais remit plus tôt Erwan. Il patienta quelques secondes et se décida finalement. Il sortit son téléphone et alla dans les toilettes pour passer son coup de fils. Ca sonna durant quelques instants et finalement, on décrocha.
 
-          Bonjour, ici Erwan Spirlke, directeur du département de recherche Scientifique de la DCRI. Que puis-je pour vous ?
-          Monsieur Spirkle ? Ici Ivan Kerlen, commença le garçon.
-          Ah oui on chers Ivan ! Si tu m'appele je suppose que tu as réfléchis à ma proposition, s'exclama joyeusement le directeur.
-          Oui en effet, confirma Ivan, j'aimerais passer les tests dont vous me parliez ce matin.
-          J'en suis ravi ! Dans ce cas venez me retrouver le plus rapidement, plus vite ça sera fait et plus vite vous connaitrez l'étendu de votre force jeune homme.
-          Très bien, dans ce cas j'arrive tout de suite, prévint Ivan avant de raccrocher.
 
Il était persuadé d'avoir pris la bonne décision. Il sortit des toilettes et prit la direction de la sortie. Etant encore en froid avec Axel, il ne prit pas le temps de le prévenir de son départ. Il ne se doutait pas ce que ce dernier était à sa recherche pour s'excuser.
**
Axel parcourait les couloirs de l'établissement à la recherche d'Ivan, mais aucune trace de lui nulle part. Il finit alors par l'appeler pour lui demander sa position, il tomba immédiatement sur sa messagerie.
 
-          C'est bizarre, marmonna-t-il, il n'éteint jamais son téléphone, même pour dormir.
 
Il commença à se poser des questions en fronçant les sourcils. Il rangea son portable et continua donc ses recherches. Cependant, quand fut venue l'heure de retourner en cours, il était bredouille et le ventre vide. Il soupira et se dirigea en trainant des pieds vers sa salle de classe. En arrivant il se rendit compte que son ami manquait à l'appel.
 
-          Il serait partit alors ?
-          Il a été convoqué par une surveillante, lui apprit une voix narquoise qui ne pouvait être que celle de Franck.
-          Convoqué ? fit Axel surpris.
 
Il fouilla dans sa mémoire, pour quelles raisons Ivan aurait été convoqué. Et surtout, par qui l'aurait-il été. Il n'avait pas envie de demander des informations au rouquin, il s'assit donc à sa place. Il prendrait son mal en patience, Ivan finirait pas réapparaitre de toute façon.
**
Maya avait les nerfs, à tel points qu'elle n'arriva pas à se concentrer sur son cours d'anglais. Sarah et Anastasia ne manquèrent pas de remarquer son étrange comportement. Seulement, elles ne pouvaient pas lui demander durant le cours, elles devraient donc patienter jusqu'à la sonnerie.
Quand celle-ci arriva, elles se précipitèrent toutes les deux pour lui poser la question.
 
-          Qu'est ce qui ne va pas ? l'interrogea Sarah, tu es bizarre depuis le début de l'après midi.
-          Rien de spécial, marmonna la brune en rangeant ses affaires dans son sac.
-          Ne nous mens pas, soupira Anastasia en levant les yeux au ciel.
 
Maya souffla, elle ne pourrait pas être tranquille le tant qu'elle n'aurait pas craché le morceau. Ses deux amies pouvaient être têtues quand elles s'y mettaient. Elle leurs raconta alors sa petite dispute avec Axel Kurome qui avait encore  refusé de l'aider.
 
-          Là j'étais sérieuse en plus ! s'énerva-t-elle en y repensant, alors je vais trouver un moyen de me venger.
-          Très bonne idée, acquiesça Sarah un petit sourire sadique.
-          Que comptes-tu faire ? s'enquit Anastasia.
-          Je réfléchis encore, mais j'aimerais bien l'humilier un petit peu.
-          Je ne sais pas si ça en vaux vraiment la peine, soupira Anastasia, tu te comportes un peu comme une enfant à qui on a refusé de donné un bonbon.
-          Tu n'es pas obligé de me suivre, fit Maya d'une voix froide.
 
Anastasia hocha la tête, Maya ne pouvait pas non plus obtenir tout ce qu'elle désirait juste car elle le voulait.
**
Ivan était, pour la deuxième fois de la journée, dans la salle d'attente du bâtiment appartenant à la DCRI. La même jeune femme que se matin vint le chercher. Ils refirent exactement le même trajet et entrèrent dans le même bureau. Sauf que cette fois, Erwan Spirkle était bien plus excité. Un grand sourire illuminait son visage et montrait toute ses dents.
 
-          Il ne manquait plus que toi ! s'exclama-t-il en levant ses bras vers Ivan, tout est prêt à être mis en marche.
-          Je vous suis, affirma Ivan qui essayait de ne pas avoir trop peur.
 
Erwan alla vers l'une de ses innombrables bibliothèques et tira un livre rouge en cuir vers lui. Une porte amovible se dessina alors dans le mur et il regarda Ivan.
 
-          Allons-y, c'est par ici.
 
Il pénétra dans l'entrée caché et le jeune homme le suivit, sa curiosité piqué au vif. Cela lui faisait penser au film d'espionnage et d'action qu'il regardait. Au bout d'un couloir noir et sans fenêtres ils arrivèrent dans une vaste salle en forme de dôme, entièrement blanche. Il y avait des passerelles à différents niveau qui suivaient la forme circulaire de la vaste pièce. Des centaines d'ordinateur et de technologie développées étaient stockées contre les murs. Plusieurs hommes et femmes en blouses blanches marchaient dans tout les sens, des dossiers à la main. En bas de la salle, il y avait un siège en cuir noir au dessus duquel se trouvait une sorte de hotte. Plusieurs câbles étaient reliés au siège et menaient à des ordinateurs aussi complexes les uns que les autres. Ivan se pencha à la balustrade devant lui, ils étaient au troisième étage.
 
-          Nous descendons, luis appris Erwan qui se plaça sur une plateforme blanche contre un mur.
 
Ivan fit de même, le directeur pressa un bouton et la plateforme s'ébranla, les emmenant vers le bas. Ivan regardait émerveillé, il y avait tant de choses à voir. Ils arrivèrent en bas et Erwan se dirigea immédiatement vers le centre de la salle. Les scientifiques se retournaient sur son passage et le saluait d'un signe de tête. Ivan sur ses talons, il s'arrêta à quelques mètres du fameux siège.
 
-          Voici l'endroit ou vont être effectués les expériences, lui annonça-t-il avec fierté.
-          Un siège ? fit Ivan déconfit, il s'attendait à mieux.
-          Ce siège, mon cher ami, va enregistrer toutes les informations que produira ton corps. Nous allons t'injecter divers produits et tous ces câbles vont nous permettre d'observer les réactions de ton organisme.
 
Le jeune se sentit beaucoup moins rassurés, surtout qu'il aperçut les bracelets de fer sur les bras du fauteuil. Surement destinés à l'empêcher de partir. Il déglutit et se sentit beaucoup moins sur de lui d'un seul coup. Néanmoins, il ne pouvait plus faire marche arrière.
 
-          Va t'asseoir, lui ordonna Ivan en désignant le siège inquiétant.
 
Le jeune homme s'avança lentement, il sentait le regard des scientifiques fixé sur lui. Il arriva face au fauteuil, il toucha le cuir du bout des doigts. Il eu alors l'impression qu'il était vivant, une étrange énergie semblait circuler en lui.
 
-          Monsieur, fit-il en se retournant vers Erwan.
-          Tu as sentit quelque chose ? demanda monsieur Spirkle.
-          Oui, hésita-t-il, on dirait une sorte d'énergie.
-          En effet, cela va favoriser tes résultats. Néanmoins, le fait que tu puisses le sentir prouve que tu es différent. Aucun d'entre nous ici présent n'en est capable.
 
Ivan eu une petite pointe de fierté, il sourit un peu et s'assit dans le fauteuil. Il sentit alors toute l'énergie le recouvrir comme une chaude couverture. C'était fort agréable. Les scientifiques s'approchèrent de lui et refermèrent les bracelets autour de ses jambes et de ses poignets. Ils lui apposèrent ensuite des électrodes sur les bras, le front et le torse.
 
-          Tout est prêt monsieur Spirkle, annonça l'un d'entre eux en levant son pouce en l'air.
-          Alors commencez.
 
Un homme avec un masque approcha avec une grande seringue. Elle contenait un liquide argentée qui ne disait rien de bon à Ivan. L'homme se posta à côté de lui et le regarda du coin de l'½il.
 
-          Tu es prêt mon garçon ?
-          Oui, répondit Ivan qui ne l'était pas du tout en réalité.
 
L'homme trouva une des veines de son bras et fit rentrer l'aiguille, le jeune homme ferma les yeux et serra les dents. Le scientifique appuya et fit pénétrer le produit dans le corps du jeune garçon. Puis, il retira l'aiguille et recula rapidement.
Au départ, Ivan ne sentit rien, seulement les regards curieux fixés sur lui. Puis, au bout de quelques minutes, une intense chaleur commença à se développer dans son corps, elle était agréable. Après quelques minutes, une douleur atroce lui déchira le ventre. Il se mit à hurler à pleins poumons.
Les scientifiques commencèrent à s'affairer sur les ordinateurs, ils étaient en train de recevoir des centaines de données, un graphique se dessinait sur l'un des écrans principal.
 
-          Que se passe-t-il ? demanda monsieur Spirkle.
-          C'est impressionnant ! s'émerveilla celui qui le gérait. Regardait la courbe, elle monte et descend comme une courbe sinusoïdale.

L'Héritier Dragon - Chapitre 6
-          Et que cela veut-il dire ?
-          Le produit que nous lui avons injecté à la propriété d'être corrosif envers les organes. Et, cette courbe montre la dégradation de son corps. Néanmoins, comme vous pouvez le voir, elle remonte ! Ce qui signifie que son corps se régénère automatiquement après sa destruction.
-          Un pouvoir de régénération extraordinaire, souffla Erwan époustouflé.
-          Oui monsieur, confirma l'homme de science.
-          Cependant, cela aurait pu le tuer si ça n'avait pas marché, observa le directeur.
-          Nous avions pris soin de faire des tests sur des souris de laboratoire grâce aux gènes extrait du cadavre monsieur, le rassura-t-il.
 
Le directeur observa Ivan, il était une pépite d'or qu'il fallait polir.
 
-          Passez à la phase suivante ! ordonna-t-il.
-          Bien monsieur.
 
Le jeune homme était consumé par la douleur, il ne pouvait faire que crier. Il sentait son corps se détruire puis guérir, se détruire puis guérir. Un cycle sans fin qu'il voulait voir finir. Quitte à mourir, cela lui importait. Il ne vit pas et ne sentit pas la deuxième aiguille entrer dans son bras. Il ne sentit pas le produit s'écouler dans son sang. Ce n'est que quand la douleur arriva qu'il réalisa. Une douleur sourde et aigue qui résonna dans sa tête comme un coup de tonnerre. Un horrible hurlement s'échappa de sa gorge. Son corps se mit à trembler de tous ses membres et il avait l'impression de ne plus être humain. Son esprit semblait le quitter et partir vers d'autres lieux. Les bracelets de fers commencèrent à cliqueter, tous ses muscles se contractèrent et il hurla de plus belle. Cependant, aux oreilles des personnes présentes dans la salle, son cri pris un écho différent, un rugissement. Les bracelets commencèrent à craquer et à se fissurer, il tremblait de plus en plus. Sa peau commença à se déformer et des écailles blanches apparurent petit à petit.
 
-          A l'abri ! hurla Erwan en reculant.
 
Tous abandonnèrent leurs postes. Il y eu une énorme déflagration et un rugissement à glacé le sang résonna dans le grand dôme qui vibra jusqu'à ses fondations. 
 
 
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L'Héritier Dragon - Chapitre 7 12/12/2016


Alors qu'Axel suivait vaguement le cours de SVT il ressentit une vibration. Il observa sa table, ses affaires tremblaient légèrement. Il fronça les sourcils en se demandant  ce qu'il pouvait bien se passer. Un petit tremblement de terre peut être ? Apparemment pas, il s'intensifia et bientôt, tout le monde le sentit. Le bâtiment lui-même se mit à trembler et des cris de paniques commencèrent à résonner.
 
-          Tout le monde sous les tables ! ordonna leur professeur.
 
Ils ne se firent pas prier, chaque élève se rua sous sa table en tremblant. Axel ramena ses jambes contre lui se colla au mur et ferma les yeux. De mauvais souvenirs lui revinrent en mémoire. Il eu l'impression d'entendre de nouveau les cris d'horreur, de voir le rouge du sang, sa chaleur sur son corps. Il fut prit de tremblement incontrôlables et il serra fort ses bras contre lui en secouant la tête. Il ne devait pas repenser à ça. Il se concentra sur le séisme, sur ses vibrations. Pour lui, cela agissait comme une sorte de berceuse. Puis, tout s'arrêta. Il ouvrit les yeux et sortit doucement de sous la table. En prenant appuis sur sa chaise il se releva et scruta la classe. Tout le monde allait bien physiquement, quelques vitres s'étaient brisées et l'air frais de septembre venait leur caresser le visage.
Axel s'approcha des fenêtres et observa dehors, il fut surpris de voir qu'il n'y avait pas vraiment de dégâts. Les élèves étaient sous le choc mais il n'y avait aucun blessé.
 
-          Tant mieux, murmura-t-il à lui-même.
 
Il s'inquiéta alors pour Ivan, allait-il bien lui aussi ? Le connaissant il devait bien rire, il n'avait pas peur de grand-chose. Un petit sourire rassuré éclaira son visage. 
 
-          Hum, toussota le professeur, nous allons sortir pour des raisons de sécurité. Dans le calme et le silence s'il vous plaît.
 
Pour beaucoup, cela été une opportunité de louper des cours. Axel sortit dans les derniers. Ils descendirent et allèrent se ranger dans la grande cours. Le directeur était présent ainsi que tout le corps enseignant. Ils semblaient en grande conversation.  Axel se demanda ce dont ils pouvaient bien parler. Il se rangea avec sa classe et leva les yeux au ciel, à sa grande surprise il était coloré d'un rouge sombre. Pour lui, c'était un très mauvais présage, quelqu'un allait souffrir le lendemain. Il frissonna et baissa la tête. Quelque chose ne tournait pas rond, mais il n'arrivait pas à saisir quoi. Une information importante lui échappait. Il n'aimait pas ce sentiment de frustration.
 
-          Alors ? On flippe poule mouillé ? ricana quelqu'un derrière lui.
 
Axel ne se retourna même pas, il n'avait pas envie de se prendre la tête avec le rouquin.
 
-          Tu avais l'air d'avoir bien peur durant le tremblement de terre, se moqua Franck en se postant devant lui.
-          Je suis un être humain, rétorqua Axel.
-          Moi aussi, ce n'est pas pour autant que je flippe pour rien, s'exclama le roux.
-          Tu n'as donc jamais peur ? interrogea Axel.
-          Jamais. Je suis sans peur et sans faille se vanta-t-il en bombant le torse.
-          Alors tu n'as pas d'âme.
-          Quoi ? fit Franck sans comprendre.
 
Axel s'éloigna de lui, il ne voulait pas continuer cette discussion. Ni lui donner des explications poussées en termes de philosophie sur le comportement de l'Homme. Il préféra se mettre à l'écart dans un coin plutôt sombre, observant les autres. Il ressentit alors une violente douleur dans la poitrine qui lui coupa le souffle. Comme une épine que l'on plantait brusquement dans son c½ur. Il se plia en deux et chercha à reprendre sa respiration en étouffant le cri de douleur qui voulait s'échapper de sa gorge. Hors de question d'offrir une seconde chance à Franck de se moquer de lui. Il resta dans cet état quelques secondes et tout disparu aussi vite que la douleur était apparu. Il se redressa, le souffle haletant. Que venait-il de lui arriver ? Est-ce que c'était aussi un mauvais présage ? Il regarda de nouveau le ciel et se figea sur place. De gros nuages noirs et menaçants recouvraient le ciel rouge. Ils semblaient à l'envers, des pics de nuages semblaient diriger vers eux. Pour lui, ça ne voulait dire qu'une chose.
 
-          Quelqu'un est mort, dit-il dans un souffle.

**

Erwan Spirkle toussa et chassa avec ses mains la fumée autour de lui. La plupart du matériel étaient en ruines, tout étaient sans dessus dessous. Un véritable désastre économique pour eux. Les passerelles s'étaient décrochés et gisaient par terre. Le directeur s'avança avec prudence entre les corps des scientifiques qui n'avaient pas survécu au massacre. Au centre de la pièce, la ou se trouvait auparavant le fauteuil en cuir, reposait un énorme dragon blanc. Erwan n'en croyait pas ses yeux. Déjà, quand Ivan avait commencé à se transformer il avait eu du mal à y croire. Très rapidement, le corps du garçon avait cédé la place à cette sublime créature. Cependant, acculé dans cette pièce étroite pour un dragon, il avait commencé à tout détruire sur son passage. Lançant des trombes de flammes blanches sur tout ce qui bougeaient. Heureusement, quelques hommes courageux avaient réussi à lui administré un puissant tranquillisant. Il était désormais couché, sa respiration était calme et régulière. Ses longues ailes blanches et fines étaient étendues par terre, la membrane de ses ailes semblait presque translucide. Il avait de longues griffes acérés et d'une belle couleur argentés. Un long museau duquel s'échappait des volutes de fumées quand il respirait. Une belle crête épineuse courait sur son long cou, s'arrêtant à sa base puis reprenant vers le milieu de son dos jusqu'au bout de sa queue. Il avait des pattes musclés et agiles, ses yeux jaunes ne cessaient de bouger. Il était éveillé, mais le tranquillisant le maintenait à terre.
Erwan s'approcha de lui avec prudence et posa la paume de sa main sur son museau, il était chaud et froid à la fois. Une sensation forte étrange qui n'était pas désagréable. Le dragon grogna et retroussa ses lèvres, dévoilant une rangée de dents parfaites, blanches et pointues. Prête à déchiqueter le moindre corps chaud passant à leurs portés.
Ses écailles blanches brillaient et reflétait la lumière, créant des petits arc en ciel sur les murs.
 
-          Tu es magnifique, murmura Erwan en le caressant.
 
Tel était donc le véritable pouvoir que conférait la Draonine. Un flash surgit alors dans l'esprit érudit du directeur. Il se redressa brusquement et se tourna vers ses hommes. 
 
-          Allez vite me chercher tout les articles concernant les découvertes archéologiques après 1950, ordonna-t-il.
 
Après avoir fortement attaché Ivan-dragon et s'être assuré qu'une dose de tranquillisant lui était administrée régulièrement, il remonta à son bureau. Il trouva posé sur sa table les divers articles d'archéologies qu'il avait demandées. Il s'assit dans son fauteuil à roulette et ne perdit pas de temps. Il prit le premier de la pile et le lut rapidement.
 
-          Ce n'est pas lui, fit-il en jetant le papier par terre.
 
Il procéda de cette manière pendant deux heures, puis finalement il trouva ce qu'il cherchait. Il le lut à voix haute.
 
« Année 1960, des archéologues ont découvert dans des ruines Maya une tablette en bronze gravée, dessus, un ancien texte qui ressemblait à une légende.
 
« Dans le monde des humains, l'un d'entre eux se hissera au sommet. Il sera au-dessus des lois. Son pouvoir n'aura d'égal que sa personnalité. Dans son sang coulera la puissance des seigneurs des cieux. Deux voies s'ouvriront à lui : le paradis ou l'enfer. Personne ne pourra le vaincre mais... »
Et ça s'arrêtait là, le reste de la tablette avait disparus, les archéologues restaient donc sur leurs faims. Mais ils eurent beau chercher, aucune trace de la seconde partie... »
 
Il posa l'article sur sa table lentement, il serait possible que les « seigneurs des cieux »mentionnés soient les dragons. Dans la mythologie, ils étaient considérés comment étant l'une des races les plus puissantes.
 
-          Tout serait donc lié, murmura-t-il en se rendant compte de l'ampleur de sa découverte.
 
Ivan était donc cet élu. Cela expliquerait pourquoi personne d'autre ne présentaient ce gènes depuis le début des analyses. Ce n'était pas une mutation génétique comme ils le pensaient. Ivan était né ainsi. Cela défiait toute logique scientifique. Cependant, il n'y avait pas d'autres explications. Maintenant, le seul problème serait de trouver le moyen de lui rendre forme humaine.
 
-          Monsieur Spirkle, l'interpella l'un des hommes qu'il avait posté à la surveillance d'Ivan.
-          Que faites vous là, lança le directeur sèchement.
-          Il est redevenu humain !
 
Erwan se leva si brusquement qu'il renversa son fauteuil. Il fila comme un coup de vent vers le dôme, et en effet, le beau dragon blanc avait disparu. Laissant un Ivan assommé et nu comme un vers. On lui posa une couverture sur les épaules et on l'aida à se mettre debout. Le pauvre garçon n'arrivait même pas à tenir sur ses jambes. Rien d'étonnant, on lui avait donné un tranquillisant à forte dose. Monsieur Spirkle s'empressa de le prendre en charge. Il l'emmena dans une salle de repos annexe. Elle était petite et comportait un canapé avec un petit bar. Il fit asseoir Ivan qui s'endormit immédiatement. Il fallait lui laisser le temps de récupérer. Même si le directeur mourrait d'envie de lui poser des centaines de questions, il devrait être patient.

**

L'euphorie et l'angoisse du tremblement de terre s'était dissipé. Après être sur que le lycée ne s'écroulerait pas, les professeurs retournèrent en classe et tentèrent de reprendre leur cour normalement. Cependant, ce fut bien compliqué, voire impossible. La classe d'Axel ne cessa d'harceler leur professeur de SVT qui devait avoir un minimum de connaissances sur le sujet. Au final, il abandonna son cours sur la géologie et céda. Il expliqua que les séismes étaient provoqués par une libération très brusque d'énergie qui se faisait généralement le long d'une faille sous terre ou à cause des plaques tectoniques.
Ces quelques explications suffirent aux lycéens et le calme revint peu à peu.
Après les deux heures de sciences, ils furent libérés et chacun s'empressa de rentrer chez lui. Axel était tut sauf pressé, il traina des pieds pour arriver à la sortie. Il jeta un coup d'½il au ciel, les nuages noirs et menaçants n'avaient pas bougé. Il reçut alors une tape dans le dos.
 
-          Tu as peur des nuages maintenant gringalets !
-          Non, ils sont un mauvais présages, prévint calmement Axel.
-          Hein ? fit Franck qui ne comprenait vraiment rien quand Axel lui parlait. Ce sont juste des nuages qui annoncent de l'orage, arrête de te la jouer augure ou je ne sais pas quoi.
-          De toute façon ton esprit est trop étriqué pour que tu puisses saisir la signification de mes mots, lui dit Axel en un seul souffle.
 
Il sourit en voyant l'expression d'incompréhension sur le visage du rouquin. Un gloussement lui échappa et il partit au pas de course vers chez lui. En cour de route, son téléphone se mis à sonner. Il eu espoir que cela soit Ivan. Désillusion, ce n'était que sa mère.
 
-          Allo madame Kerlen ? fit-il en décrochant.
-          Axel ! Merci mon dieu tu décroche, résonna la voix de la mère d'Ivan qui semblait très inquiète.
-          Quelque chose ne va pas ? s'enquit Axel soucieux.
-          Est-ce que, balbutia-t-elle, est ce qu'Iva est avec toi ?
-          Non, moi-même j'ignore ou il est. Il n'était pas là de la journée presque, lui apprit-il.
-          Oh mon dieu, s'effondra-t-elle, je savais qu'il n'aurait pas du y aller.
-          Aller ou ? réclama Axel qui sentait une angoisse croitre en lui.
-          Hier soir, il a reçu un appel de la DCRI lui demandant de venir les voir ce matin. Je, je ne sais pas ce qu'ils lui voulaient. Il n'a rien dit, sanglota-t-elle.
 
Un frisson d'horreur parcourut le corps du jeune homme. La DCRI avait convoqué Ivan, après la fameuse prise de sang. Prise de sang destiné à savoir s'ils étaient spéciaux ou non. Cela voudrait donc dire qu'Ivan était l'un d'entre eux ?
 
-          Madame Kerlen, articula lentement Axel pour ne pas l'affoler, je pense qu'il va rentrer bientôt. Je pars à sa recherche.
-          Oh merci, merci Axel, s'exclama-t-elle en larmes.
 
Il raccrocha, le seul bâtiment en ville qui pouvait convenir à la DCRI se trouvait dans le centre. Il devait prendre le bus pour s'y rendre. Après, rien ne dit qu'on le laisserait entrer, il serait même certainement refoulé à l'entrée. Néanmoins, il devait essayer.
 
-          Qui ne tente rien n'a rien, s'encouragea-t-il.
-          Je l'ai trouvé, murmura alors une voix de femme derrière lui.
 
Il se retourna brusquement, mais il n'y avait personne. Il devenait fou ou quoi ? Voila qu'il entendait des voix désormais. Il secoua la tête et se dépêcha de se diriger vers l'arrêt de bus le plus proche. 

**

Une grande femme mince et élancé se trouvait dans le coin de rue. Il l'avait entendu. Il avait faillit la voir. Elle avait des cheveux noirs extrêmement lisses qui s'arrêtaient à ses épaules et un visage très jeune qui lui donnait une vingtaine d'années. Elle portait un chapeau blanc et un grand manteau de la même couleur qui descendait à ses genoux. Ses grandes bottes étaient blanches aussi et étaient noués par des fils dorés. Ses yeux bleus océan transperçaient l'obscurité et recelait une sagesse sans fin.
 
-          Il a une ouïe très développé, sourit-elle en baissant son chapeau sur ses yeux. Même s'il ne s'en rend surement pas compte.
-          Il est très intelligent, remarqua une voix masculine à côté d'elle. Il ne pense pas comme les autres.
-          Justement, c'est ce qui le rend unique, soupira la jeune femme.
-          La roue du destin se met en marche mademoiselle Robine.
-          En effet Nella, en effet.
 
 
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L'Héritier Dragon - Chapitre 8 12/12/2016


Ivan retrouva petit à petit ses esprits, le tranquillisant commençait à se dissiper. Il s'appuya sur ses coudes et se redressa sur le canapé. Ses yeux étaient encore embués et il voyait flou. Il cru apercevoir une vague humaine assise face à lui. Au bout de quelques minutes, il retrouva sa vision et reconnut Erwan Spirkle. Ivan le sentait vibrer, des vibrations d'impatience.
 
-          Tu es réveillé, fit-il avec un grand sourire.
-          Ou suis-je ? demanda Ivan encore dans le flou.
-          Tu es dans une salle de repos, lui indiqua Erwan.
-          Que c'est-il passé ? Pourquoi je suis nu ? s'étonna le jeune homme.
 
Erwan s'assit à côté de lui et, très calmement, il lui expliqua les événements. Ivan avait des yeux ronds, il n'arrivait pas à y croire.
 
-          Je, bégaie-t-il, je me suis transformé en dragon ? Vous êtes bien sur de cela ?
-          Es tu capable de te lever ?
 
Ivan regarda ses jambes, il se mit debout lentement. Ses jambes tremblèrent mais il arriva à se maintenir en équilibre. Erwan lui proposa de l'aide et il accepta volontiers. Avec lenteur, ils allèrent dans la pièce du dôme. En voyant l'état du carnage, le jeune homme resta bouche bée. Tout était en ruine.
 
-          Alors, c'est moi qui ? commença Ivan.
-          Oui, confirma monsieur Spirkle. Si ça ne te suffit pas, nous avons pris des photos et des vidéos ?
-          Vraiment ? s'exclama Ivan qui mourrait d'envie de voir ça.
 
Erwan le ramena dans son bureau et le fit asseoir, il ne pouvait pas encore rester debout longtemps. Le directeur prit un dossier sur son bureau et lui tendit. Ivan l'ouvrit en tremblotant et resta ébahis devant les clichés. Un magnifique dragon blanc prenait la moitié du dôme.
 
-          Ouah, s'émerveilla Ivan, c'est moi ça ? Vous êtes vraiment sur ?
-          Eh oui mon petit. Tu es encore plus particulier que ce que l'on pensait. Tu es l'élu.
-          L'élu ? bafouilla Ivan qui trouvait que ça en faisait trop.
 
Erwan prit l'article et lui donna pour qu'il le lise. Le jeune homme le parcourut des yeux et leva une tête ébahis vers lui.
 
-          La puissance des seigneurs des cieux, fit-il en pleine extase.
-          Oui, tu es différent. Tu portes en toi la puissance de ce dragon blanc. Il faut apprendre à la maitriser Ivan. Ainsi, tu serais invincible !
 
L'idée emballait Ivan, il était totalement subjugué. Avec cette force il pourrait faire ce qu'il voudrait. Tout s'ouvrirait à lui. Plus personne ne pourrait lui résister. C'est lui qui dicterait les lois. Il imaginait déjà ce qu'il pourrait faire  de ce pouvoir au lycée. Enfin il aurait la possibilité de protéger Axel correctement. Il aurait aussi la possibilité de se déclarer à Maya, elle ne pourrait pas lui dire non. Il ne la laisserait pas dire non.
Des centaines d'idée germaient dans son esprit, quand on frappa à la porte.
 
-          Oui entrez, héla Erwan.
 
La porte s'ouvrit et un petit homme entra.
 
-          Excusez-moi monsieur, un jeune garçon à l'accueil cherche un certain Ivan Kerlen.
-          Qui donc ? s'enquit Erwan en fronçant les sourcils.
-          Eh bien, hésita l'homme, un jeune adolescent un peu flippant.
-          Flippant ? fit le directeur surpris, que voulez vous dire.
-          Il a des cheveux blancs et des yeux noirs très profonds monsieur, avoua l'homme.
-          Axel ! s'exclama Ivan en se levant d'un bon.
 
Il se rassit rapidement, ses jambes ne pouvant pas encore le supporter. Erwan le regarda du coin de l'½il. Etait ce un de ses amis ? Il devait s'assurer de la nature de ce garçon « flippant ».
 
-          Je vais venir le voir, faites le patienter dans une salle annexe. J'arrive, ordonna Erwan.
-          Puis je venir ? demanda Ivan, Axel est mon ami ! Il est sûrement inquiet pour moi, et puis, on s'est quitté sur une dispute, acheva tristement le jeune homme.
-          Non, tu dois te reposer. Je ne lui ferais rien ne t'inquiète pas, le rassura-t-il en souriant.
 
Il quitta le bureau et ordonna à sa secrétaire de veiller sur Ivan en son absence. Elle baissa la tête en signe de respect. Erwan ferma la porte derrière lui et alla rejoindre le jeune homme qui patientait dans une petite salle.
 
Axel avait eu beaucoup de mal à se faire entendre. Personne n'avait pris en compte les petites protestations d'un lycéen. Il avait réussi à attirer l'attention en se résignant sur un homme qui lui paraissait plus ouvert. Il avait pu le convaincre avec beaucoup de patience et de comédie. Maintenant, il attendait dans une pièce étroite qui ne contenait qu'une table eu deux chaises l'une en face de l'autre. La porte sur le côté s'ouvrit et un homme entra. Il avait une chevelure rousse qui lui rappela Franck, ses yeux émeraudes étaient, par contre, bien plus brillants et vif que son détestable camarade. Il s'assit en face de lui et joignit ses mains.
 
-          Qui êtes vous ? demanda Axel sans préambule.
-          Je suis Erwan Spirkle, répondit l'homme un peu surpris par l'audace du petit. Le directeur du département scientifique de la DCRI.
-          Ou est Ivan.
-          Jeune homme, ici c'est moi qui pose les questions, fit durement Erwan qui l'appréciait de moins en moins.
-          Ou est Ivan, répéta Axel buté.
 
Erwan se retint de pousser un soupir et de lui donner une bonne claque. Les adolescents étaient vraiment mal élevés à cette époque.
 
-          Il se repose dans mon bureau, comme tu le sais il est différent n'est ce pas ?
-          Je pense avoir compris oui, fit le garçon qui n'avait aucune patience.
-          Il porte en lui une base azotée différente qui lui donne des pouvoirs, vois tu. Il doit donc rester ici pour apprendre à maitriser cette puissance. Sinon, il pourrait provoquer des catastrophes, expliqua le directeur.
-          Comme un séisme par exemple, n'est ce pas.
 
Erwan le trouva très perspicace, peut être trop même. Il semblait avoir un esprit aiguisé et vif, habitué à réfléchir. Il devait donc faire attention à ne pas trop lui en dire. Il serait capable de deviner des choses qu'il vaudrait mieux garder secret.
 
-          Tu ne peux pas le voir pour le moment, continua Erwan.
-          Pourquoi cela ? Il y a des choses que je ne dois pas savoir ? Ou alors vous avez peur de quelques choses monsieur Spirkle ? éluda le garçon.
 
Erwan remarqua le faible sourire qui ornait les lèvres du garçon, il l'insupportait de plus en plus.
 
-          Tu ne peux pas, trancha le directeur en cédant un peu à l'énervement.
-          Je vois, soupira Axel, mes ses parents sont mort d'inquiétude. Ca serait bien de les mettre au courant vous ne pensez pas ?
-          Cela sera fait bien entendu, nous ferons en sorte de rester dans les lois et Ivan ne manquera de rien, assura Erwan. Une fois son entrainement terminé, il retournera au lycée comme tout le monde. Je te le promets.
-          Je ne vous crois pas, dit Axel.
-          Pourquoi cela ? demanda Erwan surpris.
 
Il vit alors le sourire triste du garçon, il était vraiment très étrange celui la.
 
-          On ne peut pas faire confiance aux adultes, monsieur Spirkle, annonça-t-il en se levant de sa chaise.
**
Erwan retourna à son bureau, il était confus. Sa discussion avec ce garçon avait été très étrange. Il semblait spécial lui aussi, mais pas dans le même sens qu'Ivan. Plutôt sur le côté psychologique aurait-il dit. Il avait un esprit bien trop complexe pour un adolescent de son âge, il serait capable de manipuler Ivan. Il ne devait pas laisser faire cela. Ivan serait à lui, il lui obéirait. Son pouvoir deviendrait le sien.
En entrant, Ivan se tenait debout et on lui avait fournis de nouveaux vêtements. Il tenait ses mains comme une coupelle et Erwan aperçut une lueur blanche dans celle-ci.
 
-          Regardez monsieur ! Regardez ce que je peux faire !
 
Le directeur resta figé sur place, il apprenait à une vitesse spectaculaire. De cette manière, il apprendrait très vite et ses pouvoirs seraient plus vite contrôlés.
 
-          Et Axel ? demanda Ivan qui fit disparaitre la lumière blanche de ses mains.
-          Je l'ai rassuré ne t'inquiète pas, il t'attend avec impatience au lycée, mentit le directeur.
-          Quand pourrais-je y retourner ?
-          Une fois que tu sauras manipuler tes nouvelles capacités, lui affirma l'homme.
 
Cela donnerait une motivation supplémentaire au jeune homme pour son entrainement. Un grand sourire éclaira son visage.
 
-          Alors, qu'attendons-nous ? s'enquit le jeune homme.
**
Axel était assis sur un banc dans un parc, au final il n'avait pas pu voir Ivan. Néanmoins, il avait rencontré le directeur, et il était sur de lui. Il ne lui faisait pas confiance, il allait manipuler Ivan et sa puissance.
 
-          Les nuages sont vraiment noirs, murmura-t-il.
-          N'est ce pas ?
 
Il sursauta, une belle jeune femme était assise à côté de lui. Elle avait des cheveux noirs corbeaux et des yeux bleus époustouflant. Elle portait un long manteau, un chapeau et des bottes blanches. Elle tourna la tête en souriant. Axel ne c'était même pas rendu compte qu'elle était là.
 
-          Dites-moi, que signifient ces nuages pour vous ? demanda-t-elle.
-          La mort, répondit Axel.
-          Je vois, fit-elle en souriant. C'est une vision plutôt dramatique des choses.
-          On me dit souvent que j'ai tendance à toujours voir le pire partout.
-          Ce n'est pas forcément un défaut vous savez, le rassura-t-elle.
-          Qui êtes vous ? demanda alors Axel curieux.
 
Elle garda le silence quelques minutes, elle devait bien choisir ses mots pour lui dire.
 
-          Je me nomme Robine. Et je suis là pour une raison particulière, avoua-t-elle.
-          Quelle est cette raison ?
-          Vous posez des questions bien indiscrètes dit donc, gloussa-t-elle.
-          Je ne pense pas, cette raison me concerne non ? Sinon, vous ne seriez pas là en train de me parler des nuages, dit Axel en fixant toujours le ciel.
 
Robine lâcha un rire cristallin, il était vraiment intelligent. Exactement comme elle le pensait.
 
-          Dites moi, vous semblez sur de vous, fit-elle remarquer.
-          Peut être, dit-il en haussant les épaules, et sinon que me voulez vous ?
-          Vous n'y allez pas par quatre chemins dites moi, plaisanta-t-elle.
-          Je n'ai pas de temps à perdre.
-          Je vois, sourit-elle.
 
Elle se leva du banc et observa les nuages. Puis, elle se tourna vers lui et posa un genou à terre en baissant la tête.
 
-          Je suis là pour me mettre à votre service monseigneur. 


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